Camille avait un rêve, et une clé à molette
À 26 ans, Camille Martinon a appris la mécanique toute seule, sur le tas, pour préparer sa BMW E36 328 en voiture de piste. Sans formation, sans garage professionnel, juste une passion dévorante, des tutos YouTube et une obstination que beaucoup de préparateurs lui envieraient.

D’où vient la passion de Camille Martinon pour les BMW ? Elle-même n’en sait rien, mais se rappelle avoir toujours été passionnée d’automobiles, dès son plus jeune âge : « J’ai toujours été dedans depuis l’enfance. Je ne voulais pas entendre parler des Barbie juste avoir des petites voitures. » Rapidement, ce sont les BMW qui attirent son regard, et plus particulièrement celles évoluant en championnat de voitures de Tourisme anglais, le BTCC. Le rêve prend forme très tôt : rouler en BMW et la transformer à son goût.
Une BMW avant le permis
« Je n’avais pas encore le permis de conduire, mais j’ai acheté une BMW E36, une 328. C’est là que j’ai commencé à retaper mes voitures toute seule. »
— Camille Martinon
Pas de formation mécanique pour autant : Camille est alors dans le management administratif. En BTS, une opportunité de stage à Magny-Cours se présente rêvée pour une passionnée de course. Mais l’établissement lui demande clairement de ne pas faire de stage dans l’automobile, sous peine de ne pas valider son diplôme. Premier coup dur, qui ne va pas décourager la jeune femme mais renforcer sa détermination.
« Je me suis mise à regarder des tutos sur YouTube, à me procurer des revues techniques, à poser des questions à droite à gauche. Ma seule expérience dans le domaine était mon grand frère mécanicien que j’aidais petite et à qui je passais les clés. » La E36 qu’elle achète s’avère capricieuse : confiée à un garage pour une grosse révision, elle revient dans un état encore moins satisfaisant. Camille décide alors de refaire le moteur elle-même, depuis le début.
Le déclic
« J’avais tendance à rouler un peu vite sur route ouverte, et un jour ma meilleure amie a été victime d’un grave accident. Je me suis dit que l’idéal serait de se fabriquer une voiture de piste. »
— Camille Martinon
La E36 devient alors le projet central : caisse mise à nu, châssis refait, platines soudées au plancher pour accueillir un arceau homologué FIA. Des sièges Recaro Pole Position « qui m’ont coûté un bras » sont installés. Les panneaux de porte sont refaits en carbone. Les durites aviation et les combinés de couleur rose sont choisis avec soin. Chaque détail est voulu, assumé. La voiture s’appelle Ally.
« J’ai tout refait toute seule, avec parfois quelques petits ratés comme pour la peinture. Je devais la finir pour un événement et j’ai manqué de temps le capot est un peu raté. Mais je compte bien le reprendre un de ces jours. » Côté châssis, une barre antiroulis et des combinés réglables ont été montés. Le moteur d’origine, lui, n’a pas été touché : « Je veux me faire la main sur la piste avec la mécanique d’origine, apprendre à régler un châssis, progresser avant d’envisager un éventuel swap. »
Des tonnes de projets
La E36 rose et grise n’est qu’un début. Camille a également une BMW E3 2,5 l de 1968, une 633 CSi E24 de 1977, et une Audi 80 B2 dans son garage. « J’ai un gros problème : j’ai tendance à m’attacher à elles et je ne revends rien. Pour l’instant c’est encore possible, on se débrouille. »
Une personnalisation poussée mais jamais vulgaire, qui évoque la course avec une certaine élégance. Chaque détail est soigné, réalisé avec minutie et patience. Un vrai encouragement pour tous ceux qui hésitent à se lancer dans de simples réparations.
Suivre Camille
Camille Martinon est présente sur Instagram sous le pseudonyme @camilliardaire_ et sur YouTube, où elle documente ses aventures mécaniques sous la bannière : « Fast and Furious avec plus de saucisses et moins de Diesel ».
On y retrouve notamment une vidéo du début des travaux sur la BMW E36 328 l’occasion d’apprécier à sa juste valeur le chemin parcouru.
