La berline amirale de Munich passe au restylage. Quatre ans après son lancement, la BMW Série 7 de génération G70 s’offre une mise à jour 2026 qui touche le style, la batterie et, surtout, l’offre électrique. L’i7 reste la vedette du catalogue. Mais son nouveau tarif d’entrée, fixé à 138 300 euros, fait déjà parler.
Une face avant retravaillée et une poupe affinée
Visuellement, l’évolution reste mesurée. La Série 7 conserve sa silhouette de vaisseau, ses immenses haricots et sa présence routière hors norme. Le restylage redessine la face avant et retouche la partie arrière, sans bouleverser une identité que BMW assume pleinement, jusque dans l’audace de sa calandre.
L’habitacle, lui, garde ses arguments de salon roulant. Panoramic iDrive sur toute la largeur de la planche de bord, Theatre Screen 8K de 31,3 pouces à l’arrière, audio Bowers & Wilkins pouvant aligner jusqu’à 36 haut-parleurs. La limousine reste un manifeste technologique avant d’être une simple voiture.

L’i7 monte en gamme, le V8 se fait désirer
C’est là que tout se joue. BMW resserre la gamme i7 autour de deux niveaux seulement : 50 xDrive et 60 xDrive. La très performante M70 xDrive disparaît du catalogue européen. Les acheteurs en quête d’une entrée plus douce devront patienter jusqu’en septembre, date d’arrivée des hybrides rechargeables.
Sous le plancher, le restylage apporte de nouvelles cellules cylindriques qui portent la capacité utile à 112,5 kWh. Couplée à l’architecture eDrive de sixième génération inaugurée par la Neue Klasse, cette batterie permet à l’i7 eDrive 50 de franchir le cap des 700 km d’autonomie. Un vrai bond pour une berline de ce gabarit.
Côté thermique, la rumeur d’un retour du V8 en Europe alimente les conversations. Rien d’officiel pour l’instant. Mais l’idée séduit une clientèle qui n’a pas encore basculé vers l’électrique et qui réclame du grain mécanique sous le capot du vaisseau bavarois.
Petit rappel utile : la Série 7 actuelle ne se résume pas à l’i7. La gamme thermique conserve ses six-cylindres essence et diesel, autour des 740i et 740d, avec la transmission intégrale xDrive en figure imposée. C’est cette diversité qui permet à BMW de couvrir un spectre de clientèle très large, du dirigeant rationnel au passionné réfractaire à la prise électrique.
Un tarif qui fait grincer des dents
138 300 euros pour l’i7 50 xDrive d’entrée de gamme. 159 100 euros pour la 60 xDrive. Et jusqu’à 186 500 euros en finition BMW Individual Première Collection. Les chiffres ont de quoi faire tousser, même sur ce segment où le client signe rarement le bon de commande sans cocher une longue liste d’options.

Reste que la concurrence directe ne fait pas mieux. Sur le créneau des limousines électriques de prestige, le ticket d’entrée flirte partout avec les six chiffres. BMW mise sur l’autonomie retrouvée et la débauche technologique pour justifier l’addition. Une stratégie qu’on a vue à l’œuvre sur d’autres modèles récents, à l’image du M850i Edition M Heritage et de son positionnement haut de gamme.
Sur le plan de la recharge, l’architecture 800 volts héritée de la Neue Klasse change la donne. Les arrêts aux bornes rapides se raccourcissent nettement, ce qui rend la grande routière électrique enfin crédible sur long trajet. C’était l’un des derniers reproches adressés à l’i7 première mouture, jugée gourmande dès qu’on enchaînait les autoroutes.
Une transition assumée vers la Neue Klasse
Ce restylage a tout d’un baroud d’honneur calculé. La génération G70 vit ses dernières années sous cette forme, avant que la philosophie Neue Klasse ne redéfinisse en profondeur le segment du luxe chez BMW. En attendant, la Série 7 fait le pont. Elle modernise ce qui peut l’être, sans renier la recette qui a fait son succès.
Le déploiement de l’eDrive Gen6 sur l’i7 préfigure d’ailleurs ce qui attend toute la gamme. La même technologie irrigue déjà l’iX3 et bientôt l’i3, comme on l’a vu avec les nouvelles déclinaisons Black Package des M Performance. La Série 7 sert ici de vitrine, de laboratoire roulant pour les batteries de demain.
Un mot, enfin, sur le positionnement. En abandonnant la M70 et ses près de 660 ch, BMW renonce à la Série 7 électrique la plus radicale, celle qui jouait la carte de la performance pure. Le constructeur assume un recentrage sur le confort et l’autonomie, quitte à laisser le terrain de la sportivité aux futures déclinaisons M de la Neue Klasse. Un choix qui en dit long sur la hiérarchie que Munich prépare pour la décennie.
Alors, simple lifting ou vraie montée en puissance déguisée ? Les premiers essais diront si ces 700 km d’autonomie suffisent à faire oublier la note. Pour l’instant, la Série 7 avance, fidèle à elle-même, entre démesure et fuite en avant technologique.
