Une carrosserie recouverte, des optiques qui laissent deviner une silhouette inédite, et un lieu de tournage qui ne trompe personne : les environs du Nürburgring. Le 9 juillet 2026, de nouvelles images ont surpris la future BMW M5 Berline et Touring en plein essai. Premier tour d’horizon de ce que ces clichés espion révèlent, et de ce qu’ils laissent encore dans l’ombre.

Ce que montrent les nouvelles photos
Sur les images publiées début juillet, la carrosserie reste largement camouflée, mais certains détails ne trompent pas. Les optiques avant adoptent une signature totalement redessinée, plus fine, dans l’esprit de ce que BMW a déjà montré sur le X5 G65 et l’i7 restylé. À l’arrière, le becquet paraît plus discret que sur le modèle actuel, et les feux affichent un nouveau graphisme. Rien d’officiel évidemment : à ce stade du développement, BMW laisse volontairement filtrer des indices sans jamais confirmer le design final.
Signe que le programme avance sérieusement : les deux carrosseries, Berline et Touring, sont désormais testées en parallèle sur les mêmes routes. Une pratique logique chez BMW, la M5 n’étant déclinée en Touring que pour la troisième fois de son histoire, après les générations E34 et E61.
Sous le capot : le V8 revu à la baisse, la puissance électrique à la hausse
C’est le point le plus surprenant remonté par la presse spécialisée : le V8 4,4 litres biturbo perdrait de la puissance en Europe, 41 chevaux selon les informations qui circulent, pour se conformer aux normes d’émissions les plus récentes. Sur le papier, une mauvaise nouvelle pour les amateurs de chevaux bruts.
Sauf que BMW M compenserait intégralement cette perte en musclant le renfort électrique du système hybride rechargeable. Sur la génération actuelle, le bloc thermique travaille déjà main dans la main avec un moteur électrique intégré à la transmission. La nouvelle mouture pousserait ce curseur plus loin, quitte à ce que la puissance système totale rivalise avec, voire dépasse, celle du modèle actuel malgré la cure d’amaigrissement imposée au V8.
iDrive X s’invite dans l’habitacle
Les photographes ont également réussi à jeter un œil à l’intérieur du mulet. Verdict : la nouvelle architecture iDrive X, déjà dévoilée sur le nouveau X5 G65, s’apprête à débarquer sur la M5. Un changement radical de disposition par rapport au tableau de bord actuel, hérité de l’actuelle Série 5 G60/G61, qui date maintenant de plusieurs années. BMW confirme ainsi que même ses modèles les plus performants n’échapperont pas à la bascule générale vers l’écosystème Neue Klasse, y compris côté logiciel.
Un restylage plus profond qu’un simple LCI
La presse anglo-saxonne évoque un « Life Cycle Impulse radical » plutôt qu’un simple restylage de mi-carrière. Le choix de vocabulaire n’est pas anodin : il suggère des changements de style et de contenu technologique bien plus profonds que ce qu’on associe généralement à un LCI classique, plus proche d’un rafraîchissement esthétique limité. La Série 5 dans son ensemble, berline comme break, serait concernée par cette refonte, pas seulement la version M. De quoi rejoindre la version électrique i5, déjà annoncée pour 2027 avec sa propre cure de jouvence.
Calendrier pressenti : une présentation courant 2027, pour un lancement commercial qui s’annonce pour 2028. De quoi laisser encore de nombreux mois aux ingénieurs de Garching pour peaufiner l’équilibre entre thermique et électrique sur la plus emblématique des berlines sportives BMW.
Une lignée qui a toujours su se réinventer
Depuis l’E28 originelle de 1984, la M5 a changé de recette à peu près à chaque génération : six cylindres, puis V8, puis V10 atmosphérique sur l’E60, retour au V8 turbo sur la F10, hybridation partielle sur l’actuelle G90/G99. Vue sous cet angle, un nouveau pas vers l’électrification ne rompt pas vraiment avec l’histoire du modèle, il la prolonge. Chaque génération a fait grincer des dents une partie des puristes avant de finir, quelques années plus tard, encensée à son tour.
La Touring reste un cas particulier dans cette histoire. Longtemps réservée au marché européen, elle a fini par convaincre BMW de l’exporter plus largement tant la demande pour un break aussi véloce que pratique s’est révélée solide. Sa version restylée, si elle confirme les caractéristiques repérées sur les derniers mulets, devrait rester dans cette même logique : un objet à la fois radical sous le capot et parfaitement fonctionnel au quotidien.
Le vrai enjeu derrière ces photos
Perdre des chevaux sur le papier tout en gagnant en performance réelle grâce à l’électrique : c’est le pari que BMW M tente déjà avec succès sur d’autres modèles de la gamme, à l’image du X5 M électrique annoncé pour 2028 avec ses quatre moteurs. Reste à voir si les puristes de la M5, habitués depuis des décennies au chant d’un V8 sans filtre, adhéreront à cette bascule vers une performance de plus en plus pilotée par l’électronique. La réponse ne viendra pas avant 2027 au mieux.
