24 Heures du Nürburgring 2026 : 8 victoires de classe pour BMW M

Pluie sur la Nordschleife, 159 voitures au départ, 352 000 spectateurs autour du tracé. Les 24 Heures du Nürburgring 2026 ont vu BMW M Motorsport décrocher huit victoires de classe et une cinquième place au scratch avec la M3 Touring 24H. Une démonstration de profondeur d’engagement, du sommet de la hiérarchie GT3 jusqu’aux silhouettes amateurs.

BMW M3 Touring 24H 81 ROWE Schubert aux 24 Heures du Nürburgring 2026, victoire en classe SPX
La n°81 M3 Touring 24H, victoire SPX et 5e au général. © BMW AG

La M3 Touring 24H, étoile montante de la maison

Connor De Phillippi, Ugo de Wilde, Jens Klingmann et Neil Verhagen ont fait honneur à un châssis encore jeune. La n°81 a survolé la classe SPX et terminé cinquième au général, devant des GT3 calibrées pour la victoire absolue. Le break sportif, basé sur la G81, conserve six cylindres en ligne biturbo et boîte automatique ZF huit rapports, mais reçoit suspension racing, arches élargies et aérodynamique spécifique pour la Green Hell.

Le résultat surprend par son écart avec la philosophie d’origine du modèle, conçu pour les routes ouvertes. Sur 25,378 kilomètres de tracé combiné, la stratégie pneus et l’efficience de la M3 Touring ont rendu hommage au travail de mise au point conduit avec ROWE Racing et Schubert Motorsport pendant l’hiver. Un signe : la voiture termine devant plusieurs GT3 chevronnées et un fond de plateau Hypercar prototypé.

M4 GT3 EVO : podium frôlé pour ROWE

Sur la voiture phare du programme GT3, le verdict est plus amer. La n°99 M4 GT3 EVO de ROWE Racing a échoué au pied du podium après une pirouette en début d’épreuve, finissant quatrième. La défense du titre acquise en 2025 par la n°1 s’arrête sur abandon précoce. Schubert Motorsport sauve l’honneur avec un top 10 grâce à la n°77.

Cette course en demi-teinte côté GT3 ne fait pas oublier l’objectif principal : régler le pack aéro avant Spa et Le Mans. Les ingénieurs munichois travaillent depuis plusieurs mois sur la version EVO, comme expliqué dans notre dossier sur le système M Ignite et la précombustion. La n°99 retrouvera ses meilleures dispositions sur tracés permanents.

BMW M Hybrid V8 2026 sur circuit, livrée officielle BMW M Motorsport
La M Hybrid V8, vaisseau-amiral 2026 du programme racing. © BMW AG

Huit classes pour BMW M : la pyramide complète

La liste fait sourire les fans : M3 Touring 24H en SPX, M4 GT4 EVO Riller & Schnauck en SP10, M2 Racing SRS Team Sorg en classe BMW, M240i Racing Adrenalin Motorsport en classe M240i, 330i Adrenalin Motorsport en VT2 Rear, 325i Pistorius EiFelkind en classe BMW 325i, 325CI Oepen Motors en SP4, 318ti RAVENOL Motorsport en SP3.

Du moteur six en ligne le plus moderne à la compacte historique 318ti, c’est la profondeur du catalogue racing maison qui s’exprime. Un signal fort à l’attention des clients privés et des équipes nationales engagées en championnats VLN, NLS et endurance régionale. Personne n’aligne autant de silhouettes différentes pour les amateurs et semi-pros que la maison de Munich.

La Class of 2026 prend ses marques

BMW M Racing Academy avait invité Josh Green (USA), Ryder Quinn (AUS) et Thomi Rackl (GER) sur l’événement. Les trois recrues du programme jeunes ont arpenté les stands, observé la mise au point pneumatique, échangé avec les ingénieurs. La méthode reste celle de l’apprentissage par immersion totale, avant les premiers volants partagés sur GT4 EVO en saison régulière.

Pour BMW M Motorsport, ces 24 Heures servent autant de vitrine que de laboratoire. Les enseignements du week-end alimentent déjà la stratégie pour la M Hybrid V8 victorieuse à Spa et la prochaine échéance des 24 Heures du Mans en juin. Pour rappel, le pack aéro Le Mans est en finalisation au moment de boucler ces lignes.

Et après ?

Cap sur le NLS 4 prévu fin juin, puis le 6 Hours de Spa 2027 pour la M Hybrid V8. Le programme GT3 EVO doit confirmer en GT World Challenge Europe, où la concurrence ferraris et porsches s’annonce féroce. La M3 Touring 24H, elle, devrait recevoir un kit évolutif pour répondre aux ambitions clients dans la dernière partie de saison. Un championnat sprint dédié n’est pas exclu si la demande tient.

Côté chiffres bruts, la M3 Touring 24H a aussi affiché une régularité métronomique : meilleur tour qualif en 8 minutes et quelques secondes, écart ridicule entre les quatre pilotes au tour moyen, consommation maîtrisée pendant les phases de neutralisation. Trois ingrédients qui permettent d’imaginer une montée en puissance sur les prochaines éditions, où la cible des podiums absolus devient atteignable.

Reste une question, qui dépasse le simple comptage des coupes : combien de constructeurs ont aujourd’hui la capacité d’aligner et de faire briller huit silhouettes différentes sur la même épreuve ? La réponse tient peut-être en deux lettres rondes et bleues.

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