6 Heures de São Paulo 2026 : BMW aborde Interlagos en confiance

Le championnat du monde d’endurance reprend ses droits ce week-end. Du 10 au 12 juillet, Interlagos accueille les 6 Heures de São Paulo, quatrième manche de la saison 2026. Et BMW n’a jamais abordé un rendez-vous WEC dans une telle position de force.

BMW arrive lancé

Le printemps a tout changé. Début mai, le doublé des M Hybrid V8 aux 6 Heures de Spa-Francorchamps offrait au BMW M Team WRT sa première victoire absolue en Hypercar, un moment que nous racontions dans notre récit de la victoire de Spa. Cinq semaines plus tard, la #20 décrochait le premier podium de BMW aux 24 Heures du Mans depuis 1999, à une poignée de secondes de la victoire.

Deux résultats de ce calibre en deux courses, cela ne doit plus rien au hasard. Le package aéro 2026 de la M Hybrid V8, avec son splitter redessiné et ses naseaux réduits, a transformé un outsider honnête en prétendant régulier.

Une M Hybrid V8 transformée pour 2026

Le prototype LMDh de Munich a reçu cet hiver son évolution la plus visible depuis ses débuts : splitter avant redessiné, naseaux réduits soulignés d’un contour lumineux Iconic Glow, refroidissement optimisé pour la transmission et les freins. Des retouches homologuées dans le cadre des « evo jokers » du règlement, pensées pour rendre la voiture moins dépendante du type de circuit.

Le résultat se lit dans les chronos. Là où la M Hybrid V8 alternait le bon et le quelconque en 2024 et 2025, elle joue désormais la victoire partout, de la haute vitesse de Spa aux enchaînements lents de la Sarthe. Interlagos, avec son secteur intermédiaire sinueux et sa longue montée vers la ligne, dira si cette polyvalence tient aussi en altitude et sur les bosses.

Deux équipages pour bousculer la hiérarchie

Les habitués rempilent à Interlagos. La #15 réunit Kevin Magnussen, Raffaele Marciello et Dries Vanthoor ; la #20 Shell aligne Robin Frijns, René Rast et Sheldon van der Linde, le trio du podium manceau. La complémentarité des deux voitures, l’une souvent en attaque, l’autre en gestion, fait désormais partie des armes du Team WRT.

Les CV parlent d’eux-mêmes : Magnussen apporte son vécu de Formule 1, Rast ses trois titres DTM, et Sheldon van der Linde comme Vanthoor leur culture GT forgée en courses clients. C’est précisément le mélange que recherchait BMW M Motorsport en confiant son programme Hypercar au Team WRT, structure belge passée maîtresse dans l’art de l’endurance.

BMW M Hybrid V8 du BMW M Team WRT victorieuse aux 6 Heures de Spa-Francorchamps 2026
La M Hybrid V8 victorieuse à Spa, en mai dernier. © BMW AG

35 autos au départ, dont 17 Hypercar

La liste des engagés publiée le 30 juin annonce un plateau dense : 35 voitures, réparties entre 17 Hypercar et 18 LMGT3. Ferrari, Toyota, Cadillac, Peugeot, Alpine, Aston Martin et Genesis seront évidemment de la partie face aux deux BMW.

En LMGT3, les M4 GT3 EVO du Team WRT défendent les couleurs bavaroises, avec les équipages des n°32 et n°69 de la structure belge. Le tracé bosselé et tournant d’Interlagos, couru dans le sens antihoraire, use les organismes et les pneus : un terrain où l’expérience GT du WRT compte double.

Un programme mondial, deux championnats

La M Hybrid V8 mène de front une double campagne, WEC d’un côté, IMSA de l’autre, avec des enseignements techniques qui circulent entre les deux programmes. Quant à la M4 GT3 EVO engagée en LMGT3, elle capitalise sur les évolutions introduites la saison passée : aéro affinée, exploitation des pneus simplifiée pour les équipages mêlant pros et gentlemen. À Interlagos, en plein hiver austral, les températures fraîches du matin et la piste abrasive mettront justement les pneumatiques au centre du jeu.

Un mot de statistique pour finir de planter le décor : jamais BMW n’avait enchaîné victoire absolue et podium au Mans la même saison depuis son retour en endurance au sommet. La dynamique est là. Reste à la confirmer loin de l’Europe, sur un fuseau et un asphalte que les ingénieurs de Munich connaissent moins bien.

Le programme du week-end

Deux séances d’essais libres de 90 minutes vendredi 10 juillet (11h et 15h50, heure locale), une troisième samedi matin, puis les qualifications et l’Hyperpole samedi à partir de 14h30. Le départ des 6 Heures sera donné dimanche 12 juillet à 11h30, heure de São Paulo, soit 16h30 en France.

Côté spectateurs français, la retransmission intégrale passe par les canaux habituels du championnat, et le décalage horaire joue pour une fois en notre faveur : la course se termine en soirée, vers 22h30. De quoi suivre les six heures sans réveil douloureux, un luxe que Le Mans ne nous offre jamais.

Une victoire au Brésil, et BMW transformerait une belle saison en candidature sérieuse au titre mondial. Voilà une phrase qu’on n’aurait pas osé écrire il y a un an.

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