Le X5 a inventé le segment des SAV en 1999. Sa cinquième génération, dévoilée le 30 juin à Spartanburg, ne se contente pas de le défendre : le G65 devient le premier BMW conçu dès le départ pour cinq systèmes de propulsion différents. De l’essence à l’hydrogène. Rien que ça.
Une première mondiale au « Home of X »
BMW a choisi son usine de Caroline du Sud, qui produit le X5 depuis l’origine, pour cette présentation. L’événement du 30 juin marquait aussi l’achèvement d’un investissement de 1,7 milliard de dollars sur les sites de Spartanburg et Woodruff. Milan Nedeljković, fraîchement nommé président du directoire, y a confirmé une décision lourde de sens : l’iX5 sera le premier BMW 100 % électrique assemblé aux États-Unis, dès fin 2026.
Le symbole est clair. Le X5 reste le pilier commercial de la marque outre-Atlantique (ses ventes ont encore progressé de 41,6 % au deuxième trimestre, juste avant la relève), et c’est lui qui portera la technologie Neue Klasse dans le segment le plus rentable du catalogue.
Cinq énergies sous une même carrosserie
La gamme s’organise autour de motorisations qui n’ont plus grand-chose en commun entre elles, sinon la plateforme :
- Essence et diesel : six cylindres en ligne 3.0 à micro-hybridation 48 V, 313 ch pour le 40d, environ 400 ch pour la variante essence selon les premières fiches relevées par Caradisiac et Motor1.
- Hybride rechargeable : le 50e xDrive de 489 ch reconduit, avec une batterie de 26,5 kWh nets et 81 à 98 km d’autonomie électrique WLTP.
- M60e xDrive : le nouveau haut de gamme branché, 612 ch, quadruple sortie d’échappement et signature lumineuse jaune façon M.
- iX5 100 % électrique : architecture 800 volts, recharge jusqu’à 460 kW et autonomie record, comme détaillé dans notre article sur l’iX5 et sa batterie de 144 kWh.
- Hydrogène : la version à pile à combustible codéveloppée avec Toyota fermera la marche en 2028.
Nous avions décortiqué cette stratégie avant l’heure dans notre dossier sur les cinq motorisations du X5 G65. La confirmation officielle valide l’essentiel, prix compris.

Neue Klasse jusque dans les poignées de porte
Le design tranche. Feux diurnes « double X », poignées Winglet intégrées aux montants, portes à fermeture assistée en option : le G65 reprend la grammaire inaugurée par l’iX3 et la pousse au format familial. À bord, le Panoramic iDrive s’accompagne d’un affichage tête haute panoramique inédit sur le modèle, déjà vu sur la Série 7 restylée. Bonne nouvelle pour les allergiques aux écrans : celui du passager reste optionnel.
Deux détails ont fait parler. Le hayon en deux parties, signature du X5 depuis 1999, disparaît au profit d’un ouvrant monobloc, un choix assumé par le responsable produit de la gamme Luxury Class pour des raisons d’accès au coffre et de troisième rangée. Et BMW introduit des inserts en ardoise véritable, une première.
Spartanburg, plaque tournante mondiale
Le choix du lieu n’avait rien de décoratif. Spartanburg est la plus grosse usine du groupe en volume, et le X5 y règne : aux États-Unis, une version vendue sur cinq est déjà une hybride rechargeable, un taux d’adoption que peu de rivaux atteignent. L’usine exporte vers le monde entier, et l’iX5 y sera produit pour tous les marchés, Europe comprise.
Côté logiciel, le G65 embarque l’Operating System X dans sa version la plus récente. À partir de cet été, l’assistant personnel dopé à l’IA y apprend les habitudes du conducteur pour proposer des routines automatiques : préconditionnement, ambiance, itinéraires. Le X5 devient, après l’iX3, le deuxième porte-étendard de cette approche « software defined vehicle ».
Prix et calendrier : l’addition grimpe
En France, le 50e xDrive s’affiche à 105 950 €, exactement le tarif de l’iX5 60 xDrive. Cette parité thermique-électrique, inédite chez BMW, en dit long sur la stratégie du groupe : ne plus pénaliser l’électrique à l’achat. Un exemplaire toutes options dépasse sans effort les 100 000 € sur le configurateur allemand, selon BMWBlog.
Deux réserves quand même. La version électrique flirte avec les trois tonnes, un embonpoint que L’Argus n’a pas manqué de moquer en évoquant un futur « permis poids lourd ». Et la déclinaison hydrogène, fruit du partenariat avec Toyota, reste un pari sur l’infrastructure : une pile à combustible alimente un moteur électrique, l’idée séduit sur le papier, mais les stations se comptent encore sur les doigts de quelques mains en France. Rendez-vous en 2028 pour juger sur pièces.
Le déploiement s’étale : X5 40 xDrive en octobre 2026, versions 40, 50e xDrive et iX5 60 xDrive au premier trimestre 2027, hydrogène en 2028. Reste la vraie question : les clients suivront-ils BMW dans ce grand écart énergétique, ou la simplicité d’un Q7 fera-t-elle de la résistance ? Les carnets de commandes de cet automne donneront un premier élément de réponse.
