BMW a arrêté la Z4. La famille Bovensiepen, celle qui a bâti ALPINA pendant soixante ans, vient d’en faire une voiture de collection avant l’heure. Le Spider, dévoilé le 10 septembre 2026, est un roadster six cylindres à 115 500 euros, tiré à 99 exemplaires.
Pourquoi Bovensiepen et plus ALPINA
Le nom ALPINA appartient désormais à BMW, qui l’a racheté et l’intégrera à son portefeuille de marques. La famille Bovensiepen, elle, a conservé son site de Buchloe et son savoir-faire. Plutôt que de disparaître du paysage, elle repart sous son propre patronyme, avec une production artisanale et des volumes minuscules.
Le Spider est le premier produit de cette nouvelle page. La logique ressemble à celle qui a fait la réputation d’ALPINA : partir d’une BMW existante, retravailler le moteur, le châssis et la finition, sans chercher la surenchère chiffrée.
435 ch pour un six en ligne de Buchloe
Sous le capot, le B58 trois litres turbocompressé passe à 435 ch et 580 Nm. Le 0 à 100 km/h tombe en 4,2 secondes. La vitesse de pointe est limitée à 260 km/h de série, et grimpe à 295 km/h avec le Performance Package optionnel.
Rien d’extravagant sur le papier face aux hyper-roadsters actuels. C’est justement le propos : une puissance exploitable, une courbe de couple plate, et un six-cylindres en ligne qu’on écoute plutôt qu’on ne subit. La recette Bovensiepen n’a jamais consisté à courir après les chronos.

Frank Stephenson au dessin
Le nom fera sourire ou tiquer selon les sensibilités. Frank Stephenson a signé la MINI moderne, la Ferrari F430, la McLaren P1, et chez BMW le premier X5. Il redessine ici la carrosserie du roadster, avec une identité qui s’éloigne nettement de la Z4 de série sans en renier l’architecture.
L’exercice a ses limites : les portes, le pare-brise et la structure restent ceux de la G29. Les acheteurs le savent, et c’est le débat qui agite les forums depuis l’annonce. Voiture à part entière ou Z4 très soignée ? La réponse dépendra beaucoup des sensations au volant, que personne n’a encore pu juger.
99 exemplaires, livraisons début 2027
Le tarif s’établit à 115 500 euros en Allemagne. Les premières livraisons sont annoncées pour le premier trimestre 2027. À 99 unités, la production tient sur quelques mois d’atelier.
Ce positionnement place le Spider au-dessus de toutes les Z4 neuves qui ont existé, y compris la Handschalter. Il le met aussi en face de propositions très différentes à ce niveau de prix. L’argument Bovensiepen, c’est la rareté doublée d’une filiation : soixante ans de transformation de BMW à Buchloe, ça ne se fabrique pas.
La fin d’une lignée de roadsters
La Z4 G29, produite chez Magna à Graz depuis 2018, s’est éteinte sans successeur annoncé. Avec elle disparaît une lignée ouverte par la Z3 en 1995, poursuivie par la Z4 E85 puis E89. Un roadster compact à moteur avant, propulsion, six cylindres en ligne : la formule devient introuvable.
Ce qui change vraiment par rapport à une Z4 M40i
La comparaison s’impose. La Z4 M40i de série développait 340 ch et 500 Nm avec le même B58. Le Spider ajoute donc 95 ch et 80 Nm, gains obtenus par une gestion moteur spécifique et une ligne d’échappement dédiée, méthode maison depuis toujours à Buchloe.
Le reste tient dans les détails que les chiffres ne montrent pas : trains roulants retravaillés, jantes spécifiques, habitacle retapissé à la main. Bovensiepen ne cherche pas le compromis circuit. L’objectif reste la route rapide, avec un amortissement qui filtre sans mollir et une direction plus bavarde que celle d’une M.
Soixante ans de savoir-faire à Buchloe
Burkard Bovensiepen fonde ALPINA en 1965 en développant un carburateur double corps pour la BMW 1500. L’histoire commence donc sur la Neue Klasse, celle-là même qui donne son nom à la gamme électrique actuelle de BMW. En 1983, les autorités allemandes reconnaissent ALPINA comme constructeur à part entière, pas comme préparateur.
Le rachat du nom par BMW ferme ce chapitre. La famille garde l’atelier, les compétences et les fournisseurs. Le Spider est sa façon de dire qu’elle n’a pas vendu l’essentiel.
BMW a déjà laissé mourir d’autres lignées sans bruit, comme la Série 8, de l’E31 au G16. Le cas de la Z4 est plus frustrant encore, parce que la demande existe. La preuve, un carrossier indépendant trouve 99 clients à plus de 115 000 euros pour une voiture que Munich ne voulait plus produire.
Il faut voir le Spider pour ce qu’il est : une dernière danse, organisée par ceux qui connaissent le mieux les six-cylindres bavarois. La prochaine génération de Série 3 G50 montrera où va vraiment BMW. Pendant ce temps, à Buchloe, on découpe encore de la tôle.
