Il y a des catalogues d’enchères qu’on feuillette par politesse, et d’autres qu’on épluche ligne par ligne. La vente « Summer Serenade » d’Historics Auctioneers, programmée le 18 juillet à Windsorview Lakes (Datchet, Angleterre), appartient à la seconde catégorie : rarement un plateau aura concentré autant de BMW introuvables.
Une M4 CS VR46 en tête d’affiche
La star du lot est une M4 CS Edition VR46 de 2025, l’une des 92 produites pour les 46 ans de Valentino Rossi. Celle-ci affiche 4 408 miles (environ 7 100 km), une teinte Marina Bay Blue et, détail qui change tout pour le marché britannique, une conduite à droite : elle serait l’une des quatre seulement au Royaume-Uni. Les séries limitées M récentes ont bâti leur cote sur ce genre de chiffres.

850CSi Techno Violet : le V12 des connaisseurs
Les nostalgiques regarderont ailleurs. Une 850CSi de 1994, 71 000 miles au compteur (environ 114 000 km), se présente dans une teinte Techno Violet dont elle serait l’unique exemplaire en conduite à droite. Sous le capot, le V12 S70B56 de 5,6 litres préparé par Motorsport, accouplé à une boîte manuelle à six rapports. La « M8 des années 1990 », comme on la surnomme, n’a jamais officiellement existé ; la 850CSi en tient lieu, et sa cote suit celle des youngtimers d’exception, un phénomène que nous avions déjà mesuré avec l’adieu en couleurs de la Série 8 actuelle.
Un mot sur la teinte, parce qu’elle fait une partie du prix. Le Techno Violet, ce violet profond aux reflets bleutés typique des années 1990, est l’une des couleurs Individual les plus recherchées sur les BMW de l’époque, des M3 E36 aux Série 8. Sur une 850CSi, dont la production totale n’a pas dépassé 1 510 exemplaires tous marchés confondus, la combinaison couleur rare et conduite à droite relève de la pièce unique. Littéralement, si l’on en croit Historics.
Une 550i blindée et un Z3 Coupé, pour les amateurs d’ovnis
Le lot le plus étrange ? Une 550i E60 blindée en spécification VR4, capable d’encaisser des munitions de .44 Magnum. Achetée en 2006 mais immatriculée seulement en 2016, elle totalise 9 400 miles (environ 15 100 km) et embarque près de 300 kg de protection, le tout sous une carrosserie de banale 528i. Deux propriétaires en vingt ans. On a connu pedigree plus commun.
Un Z3 Coupé 2.8 complète le casting des atypiques. Boîte automatique, certes, loin du M Coupé que les collectionneurs s’arrachent aujourd’hui, mais le « clown shoe » d’accès reste une porte d’entrée abordable vers une silhouette culte.
CSL, CS : presque la collection complète
Le reste du plateau se passe de commentaire : une M3 CSL E46 de 2003, une M4 CSL de 2022, une M3 CS Touring, une M3 CS F80, une M2 CS G87 et même une Mini R50 Cooper S Works GP. Les voitures seront visibles sur place à partir du 15 juillet, avant la vente du samedi 18.
Deux repères pour situer l’enjeu. La M3 CSL E46, produite à 1 383 exemplaires en 2003 avec son six cylindres S54 porté à 360 ch et son toit en carbone, est devenue l’étalon des M radicales : les beaux exemplaires se négocient depuis des années bien au-dessus de leur prix neuf. La M4 CSL de 2022, limitée à 1 000 unités et forte de 550 ch, suit la même trajectoire en accéléré.
La vente en pratique
Historics ouvre les portes de Windsorview Lakes dès le mercredi 15 juillet pour l’exposition des lots, aux heures ouvrables, jusqu’à la vente du samedi 18. Le catalogue complet est consultable en ligne sur le site de la maison, avec photos et historiques détaillés pour chaque voiture. Mention spéciale au casting annexe : une M3 CS Touring, première CS de l’histoire en carrosserie break, figure aussi parmi les lots, tout comme une M3 CS F80 et une M2 CS G87. Trois lettres, trois époques, une même promesse de rareté.
Pour les acheteurs français, l’équation inclut évidemment l’import : conduite à droite pour la plupart des lots, taxes et transport à prévoir. Cela n’a jamais découragé les collectionneurs sérieux, les enchères britanniques restant l’un des viviers les plus riches d’Europe pour les BMW rares. Le marché continental, lui, manque cruellement de plateaux de ce niveau.
Ce genre de dispersion dit quelque chose du marché : les CS et CSL modernes rejoignent les icônes des années 1980 et 1990 dans les ventes spécialisées, à l’image de la M3 E30 dont la cote s’envole pour ses 40 ans. Ceux qui trouvaient la M4 CSL chère neuve risquent de la trouver encore plus chère d’occasion. C’était pourtant écrit.
