Pas de « iX5 M ». BMW vient de trancher : le futur SUV M à 100 % électrique s’appellera « X5 M », comme son ancêtre à moteur V8. La décision se lit noir sur blanc sur de nouvelles photos volées publiées le 28 juillet, qui montrent aussi une calandre M inédite et des étriers de frein bleus sur un prototype fortement camouflé, aperçu en test routier.
Le choix du nom, plus révélateur qu’il n’y paraît
Depuis des années, BMW distingue ses modèles électriques par un préfixe « i » : i4, iX, iX3. Logique pour une gamme qui invente ses propres codes et veut se démarquer visuellement dans les parkings. Mais pour la division M, garder le totem « X5 M » sans particule électrique change la donne. Le message envoyé : une M reste une M, peu importe ce qui se cache sous le capot, ou plutôt sous le plancher vu la position des batteries. Nous en parlions déjà à propos du badge X5 M60 confirmé à Spartanburg : la marque semble vouloir préserver la lisibilité de sa nomenclature M face à la multiplication des motorisations, hybrides comme électriques.
Quatre moteurs, une seule ambition : la M-ification totale
Techniquement, les spy shots confirment ce que nous décrivions en juin dans notre article sur la future X5 M électrique à quatre moteurs et 900 ch : deux moteurs par essieu, pas un seul groupe central comme sur l’iX5 de série. La raison n’est pas anodine. Avec un moteur par roue, la division M peut simuler du torque vectoring pur, sans passer par un différentiel mécanique à glissement limité. De quoi reproduire, en théorie, les transferts de couple qui font la réputation dynamique du X5 M actuel, sans les pertes mécaniques et le poids d’un différentiel classique.
La fourchette de puissance évoquée tourne autour de 800 à 900 chevaux. Largement au-dessus du V8 biturbo actuel, qui plafonne nettement plus bas. Reste la question qui fâche les puristes : un SUV de plus de deux tonnes et demie, batteries comprises, propulsé par quatre moteurs électriques, garde-t-il vraiment l’ADN M ? BMW mise sur les chiffres bruts pour convaincre. Les sensations, elles, ne se jugeront qu’à l’essai, sur route et sur circuit.

Sous le camouflage : les indices qui trahissent une M
Le prototype repéré le 28 juillet porte un entourage de calandre 3D autonome, distinct de celui de l’iX5 de série qui l’inspire pourtant largement. S’y ajoutent des étriers de frein bleus, un disque perforé et des prises d’air avant élargies, dont une positionnée au-dessus de la plaque d’immatriculation. Autant de codes visuels que la division M répète depuis des générations pour signaler ses versions les plus musclées, qu’elles soient thermiques, hybrides ou désormais entièrement électriques. Rien qui saute aux yeux du grand public, mais un habitué du badge M repère ces détails en un coup d’oeil.
Calendrier : Spartanburg, avril 2028
La production démarrerait en avril 2028 sur le site américain de Spartanburg, en Caroline du Sud, qui assemble déjà l’essentiel de la gamme X vendue dans le monde. Un calendrier cohérent avec ce que révélaient les photos espion de la M5 2028 : la deuxième moitié de la décennie s’annonce chargée pour la division M, entre restylages Neue Klasse et lancements 100 % électriques qui doivent cohabiter plusieurs années sur le même catalogue.
D’ici là, le X5 M thermique et hybride continue sa carrière commerciale sans trembler. Cela laisse à BMW un peu moins de deux ans pour peaufiner le prototype repéré cet été, calandre M et étriers bleus compris, avant de l’exposer au public sans camouflage.
Le vrai enjeu : convaincre les acheteurs M historiques
Le pari n’est pas seulement technique. Il est symbolique. Garder l’appellation « M » sur un SUV sans moteur thermique, c’est parier que les clients jugeront la voiture sur ses performances plutôt que sur son architecture mécanique. Chez la concurrence, le débat existe aussi, entre Taycan et Cayenne électrifié chez Porsche, ou entre les futures déclinaisons AMG électriques chez Mercedes. BMW, en refusant de créer une sous-marque électrique pour sa division M, prend position tôt et publiquement. Pari risqué ou coup stratégique ? Réponse dans un peu moins de deux ans, quand les premiers clients prendront enfin le volant.
Un mot sur la concurrence directe, tant qu’on y est. Le Cayenne Electric de Porsche et les futurs SUV AMG électrifiés de Mercedes visent le même client : quelqu’un qui veut un gros SUV rapide sans complexe écologique. BMW, en gardant le nom « X5 M » plutôt que d’inventer un sigle inédit, parie que la notoriété du badge pèsera plus lourd que la nouveauté technique dans la balance.
