Une photo publiée par le compte Facebook de BMW Group vient de trancher un débat qui traînait depuis des mois. Sur cette image prise sur la ligne d’assemblage de Spartanburg, une X5 finition Dravit Grey Metallic laisse voir un badge de hayon : M60. Pas M60i. BMW n’avait encore jamais confirmé officiellement le nom de sa future X5 V8, seulement promis qu’elle arriverait. C’est fait, presque par accident, via un cliché d’usine.
Un badge qui confirme la fin du « i »
Le détail compte. Sur la génération sortante G05, la version haut de gamme essence s’appelait X5 M60i. Le nouveau modèle G65 perd le « i » final, suivant exactement le chemin déjà emprunté par le X3 M50, qui a lui aussi laissé tomber le suffixe. Historiquement, ce « i » signalait l’injection. Aujourd’hui la lettre sert surtout à désigner les modèles électriques (i4, i5, i7, iX), donc BMW nettoie sa nomenclature : plus de i sur les thermiques, i réservé au tout électrique.
Autre indice visible sur la photo, le fameux habillage Shadowline. Chrome remplacé par du noir brillant sur les joncs extérieurs, un traitement que BMW réserve depuis des années aux versions M Performance et M Sport. Combiné au badge M60 et à la teinte Black Sapphire de la calandre, tout indique une voiture proche de la commercialisation, pas un prototype camouflé de plus.
Le badge M60i n’est pas né avec le X5. BMW l’a d’abord installé sur le X6, puis sur le X7, avant de le décliner sur la Série 7 et la Série 5. Un badge maison, en somme, que la marque promène d’un modèle à l’autre selon les besoins de gamme. Ce qui change ici, c’est uniquement la disparition du « i », pas la philosophie du produit : un V8 gonflé, réservé aux clients qui veulent le haut du panier sans passer par la case M pleine (X5 M).

Une arrivée programmée pour 2027, pas avant
Le calendrier reste cohérent avec ce que Bavaria vous détaillait début juillet sur les cinq énergies du nouveau X5 G65. Le lancement de cet automne, prévu à Spartanburg dès août, concernera les versions X5 40, X5 40 xDrive, X5 50e xDrive et l’iX5 60 xDrive 100% électrique. Le M60 V8, lui, n’est pas dans cette première vague. BMW parle d’une arrivée « plus tard en 2027 », après un M60e hybride rechargeable qui reprend le six-cylindres turbo de la M760e associé à un moteur électrique, pour 603 ch et 590 lb-ft.
Le M60e est rapide. Il est aussi 300 kg plus lourd que l’ancien M60i et légèrement moins vif jusqu’à 100 km/h. Ce n’est clairement pas un remplaçant du V8, et BMW n’a jamais prétendu le contraire.
Quelle puissance pour le futur V8 ?
La question reste ouverte. L’actuel X5 M60i utilise le V8 biturbo 4.4 litres S68, pour 523 ch et 553 lb-ft. Rien n’indique un changement de bloc, BMW ayant laissé entendre que ce moteur serait reconduit plutôt que retiré du catalogue. Des photos espion repérées en février montraient déjà des prototypes équipés de plaquettes de frein perforées, signe d’un freinage revu en parallèle du V8. Est-ce que la puissance grimpera au-delà de 523 ch ? Vu l’écart de poids avec le M60e et l’habitude de BMW d’augmenter légèrement les chevaux à chaque génération, ça ne surprendrait personne.
Le S68 n’est pas un moteur neuf. Cette base biturbo équipe déjà le X6 M60i, le X7 M60i et plusieurs Série 7 et Série 5 haut de gamme. La reconduire sur le X5 M60 permettrait à BMW d’amortir les coûts de développement sur une plateforme qu’elle maîtrise depuis des années, plutôt que de financer un nouveau bloc rien que pour un SUV. Une logique industrielle classique, et pas franchement excitante à raconter, mais c’est ainsi que fonctionne un groupe qui vend plus d’un million de voitures par semestre.

Un segment sous tension face à la concurrence
Le marché des SUV premium à moteur V8 reste disputé. Mercedes-AMG continue de proposer un GLE 63 biturbo, Audi mise sur le RS Q8, et Porsche défend le Cayenne Turbo GT. Face à ce trio, BMW joue une carte double : électrifier une partie de sa gamme X5 avec le M60e et l’iX5, tout en gardant un V8 pur pour les clients qui n’envisagent pas d’hybride sous le capot d’un SUV sportif. Le pari n’est pas neutre commercialement. Rien ne garantit que le X5 M60 conservera la même place dans les commandes qu’occupait le M60i, surtout si son prix grimpe au-dessus des 100 000 euros une fois arrivé en Europe.
Ce badge aperçu par un membre du forum Bimmerpost (pseudo SCA) ne dit rien du tarif ni de la date précise de commercialisation. Il confirme simplement un nom, et referme une incertitude qui durait depuis les premières fuites. Pendant ce temps, la gamme électrique du X5 continue d’avancer : la production de l’iX historique se poursuivra jusqu’en 2027 malgré l’arrivée de l’iX5, preuve que BMW gère la transition sans se presser. Reste à voir si le X7, dont la génération G07 entame sa dernière année avant la relève, adoptera la même logique de nommage pour son propre V8.
Spartanburg, en Caroline du Sud, reste la plus grande usine BMW au monde. Tous les X5, X6 et X7 vendus dans le monde en sortent, y compris ceux destinés à l’Europe. Voir une carrosserie badgée M60 défiler sur cette même chaîne confirme que la production régulière est proche, sans donner de calendrier précis pour l’export vers le Vieux Continent. Les concessions françaises devront patienter encore un peu avant de pouvoir configurer la bête.
D’ici là, une X5 M60 roule déjà sur les routes d’essai. Sans plaque définitive, sans date de sortie, mais avec un nom qui ne fera plus débat.
