L’usine de Munich s’apprête à vivre le plus grand virage de son histoire. Dès le mois d’août 2026, le site centenaire lance la production en série de la BMW i3, deuxième modèle de la famille Neue Klasse après l’iX3. Une berline 100 % électrique qui revendique jusqu’à 805 km d’autonomie et qui redéfinit ce qu’on attend d’une Série 3 du futur.
Munich bascule dans le tout-électrique
BMW a investi près de 650 millions d’euros pour métamorphoser une usine vieille de 104 ans. Le nouvel atelier de carrosserie aligne quelque 800 robots industriels et atteint un taux d’automatisation d’environ 98 %. Dès 2027, Munich ne produira plus que des véhicules électriques. Un symbole fort pour un site qui a vu défiler des générations de moteurs thermiques.
L’i3 n’arrivera pas seule. Le plan de production prévoit plusieurs modèles Neue Klasse sur place, dont une i3 Touring attendue dans la foulée. La berline ouvre le bal, mais elle prépare le terrain pour toute une famille.

805 km d’autonomie et une recharge éclair
La fiche technique impressionne. L’i3 repose sur une batterie à architecture 800 volts, animée par les nouvelles cellules cylindriques de sixième génération. Densité énergétique en hausse de 20 %, meilleur refroidissement, pack plus mince : la chimie progresse sur tous les fronts.
Le résultat se lit en kilomètres. Jusqu’à 805 km d’autonomie WLTP sur les versions les mieux loties, là où l’i3 originelle de 2013 peinait à dépasser les 150 km réels. Le grand écart en dit long sur le chemin parcouru en une décennie. La recharge suit le même tempo, avec des puissances de pointe qui flirtent avec les 400 kW sur borne adaptée.
La motorisation hausse elle aussi le ton. La version la plus aboutie de l’i3 reçoit deux moteurs électriques pour une puissance cumulée annoncée autour de 345 kW. On est loin de la petite citadine pataude que certains imaginent encore en entendant le nom i3. Cette berline vise la performance autant que la sobriété, fidèle à l’ADN d’une Série 3.
BMW glisse aussi une fonction de recharge bidirectionnelle. L’i3 peut renvoyer de l’énergie vers le réseau ou alimenter des appareils domestiques. La voiture devient une batterie sur roues, capable de dépanner la maison un soir de coupure.
Une vraie Série 3, mais électrique
Ne vous y trompez pas. Derrière l’appellation i3, ressuscitée pour l’occasion, se cache bel et bien l’héritière électrique de la Série 3. Format de berline familiale, dynamique de conduite soignée, habitabilité revue : l’i3 vise frontalement le cœur de gamme BMW, celui qui a bâti la réputation de la marque.

Cette philosophie, on l’a déjà goûtée au volant de l’iX3, premier porte-drapeau de la Neue Klasse. Notre essai de l’iX3 50 xDrive avait souligné l’efficience remarquable de la plateforme. L’i3 reprend les mêmes ingrédients dans une carrosserie de berline, plus basse et plus dynamique.
Le nom i3 n’est pas choisi au hasard. Il ressuscite celui de la petite pionnière lancée en 2013, ce drôle d’engin à portes antagonistes et carrosserie carbone qui avait osé tout casser. La nouvelle i3 enterre cette excentricité au profit d’une approche grand public. Exit la silhouette de citadine futuriste, place à une trois-volumes classique, taillée pour séduire les familles et les flottes d’entreprise.
Quant au site lui-même, son histoire ajoute du relief à l’événement. Munich produit des BMW depuis plus d’un siècle, au pied du célèbre immeuble en forme de quatre cylindres. Voir cette usine emblématique tourner la page du thermique pour ne plus assembler que de l’électrique, c’est un peu toute la marque qui change d’ère sous nos yeux.
Le maillon clé d’une offensive électrique
L’i3 ne joue pas en solitaire. Elle s’inscrit dans une montée en puissance méthodique. La gamme électrique s’étoffe par le bas avec un iX3 propulsion plus accessible, et par le haut avec une déclinaison sportive en préparation. La M3 électrique de type ZA0, dévoilée en concept au Mans, partagera d’ailleurs ces fondations techniques.
Un dernier point mérite l’attention : le positionnement tarifaire. BMW n’a pas encore tout dévoilé, mais la logique Neue Klasse consiste à rendre l’électrique plus abordable au fil des lancements. L’iX3 a ouvert la voie avec une version propulsion sous la barre des 65 000 euros. L’i3, plus compacte qu’un SUV, pourrait viser un ticket d’entrée encore plus doux. De quoi démocratiser pour de bon la berline électrique premium.
D’ici 2027, les technologies de la Neue Klasse essaimeront sur une quarantaine de modèles et de mises à jour. L’usine de Munich, avec l’i3 en fer de lance, devient le symbole de cette bascule. Et pour les amateurs de Série 3, une question demeure : cette i3 électrique saura-t-elle reproduire le plaisir de conduite qui a forgé la légende de l’originale ?
