BMW a tranche. Le 2 juin, la marque a officialise la M2 M xDrive, premiere version a quatre roues motrices de la petite coupe sportive depuis ses debuts en 2016. La propulsion ne disparait pas, rassurez-vous. Mais pour la premiere fois, ceux qui roulent sous la pluie ou sur le verglas dix mois par an ont une vraie alternative dans la gamme.

Le meme six cylindres, mais deux essieux moteurs
Sous le capot, rien ne change vraiment : le six cylindres en ligne 3,0 litres biturbo S58 reste a 480 ch en specification europeenne. C’est le reste qui bouge. La transmission M xDrive emprunte son architecture aux M3 et M4 : un embrayage multidisques pilote dans la boite de transfert distribue le couple entre les trains avant et arriere, avec un differentiel actif a l’arriere.
En conduite normale, tout part aux roues arriere. L’essieu avant ne se reveille que lorsque l’adherence arriere sature. Le caractere survireur de la M2, sa raison d’etre, n’est donc pas gomme. Il est mis sous filet.
Plus rapide, forcement
La motricite supplementaire se voit au chronometre. BMW annonce 3,7 s sur le 0 a 100 km/h, soit trois dixiemes de moins que la propulsion a boite automatique. La vitesse de pointe reste bridee a 250 km/h, ou davantage avec le M Driver’s Package.
Il y a une contrepartie. La M2 M xDrive gagne pres de 70 kg sur la balance par rapport a la propulsion, masse des arbres et du boitier de transfert oblige. Et surtout, elle abandonne definitivement la boite manuelle. Seule la transmission M Steptronic a huit rapports est au programme. Les puristes grinceront. C’est d’ailleurs le meme mouvement de fond que celui qui emporte la M3 G80 manuelle, dont la production s’arrete debut 2027.

Propulsion ou integrale : le choix reste ouvert
Bonne nouvelle pour les irreductibles : la M2 a propulsion ne part pas a la retraite. Elle reste au catalogue, manuelle comprise. BMW joue donc sur les deux tableaux, le plaisir brut d’un cote, la polyvalence par tous les temps de l’autre. Une strategie qui rappelle que la marque sait encore lire ses clients, entre ceux qui traquent le chrono et ceux qui veulent rouler vite et propre douze mois sur douze.
Reste la question du tarif. Outre-Rhin, le configurateur, deja en ligne, affiche un prix de depart autour de 81 300 euros, soit environ 3 000 euros de plus que la propulsion a boite automatique. Le tarif francais n’a pas encore ete communique. La commercialisation est calee sur la fin de l’ete 2026, avec une production assuree a l’usine BMW de San Luis Potosi, au Mexique.
Et la M2 CS dans tout ca ?
L’arrivee du xDrive ne doit pas faire oublier l’autre nouveaute de la famille. Devoilee fin mai a la Villa d’Este, la M2 CS pousse le curseur dans la direction opposee : propulsion stricte, poids allege d’une cinquantaine de kilos, puissance gonflee au-dela des 520 ch. Deux philosophies, donc. La CS pour le pilote du dimanche qui vise le chrono sur circuit, la M xDrive pour celui qui veut la meme cavalerie utilisable un matin de janvier. BMW ne choisit pas. Il laisse le client trancher.
Une M2 pour qui ?
La vraie question n’est pas technique, elle est philosophique. La M2 a toujours ete vendue comme la derniere vraie BMW de conducteur, compacte, joueuse, un peu retive. Lui greffer quatre roues motrices, est-ce la denaturer ou la rendre enfin utilisable au quotidien ? Les deux reponses se defendent.
Ce qui est sur, c’est que BMW M continue d’elargir son offre plutot que de la retrecir, a rebours de ce qu’on entend parfois sur la fin des sportives thermiques. Pour memoire, la division vient d’aligner huit victoires de classe aux 24 Heures du Nurburgring et prepare deja une M3 electrique. La M2 M xDrive, elle, appartient encore pleinement a l’ere du six cylindres. Profitez-en.
