BMW Art Cars : les 20 œuvres réunies à Munich pour l’été

Cinquante et un ans après la première, la collection complète est enfin réunie. Les vingt BMW Art Cars sont exposées ensemble au BMW Welt de Munich du 29 juillet au 31 août 2026. Ce n’était jamais arrivé.

Les 20 BMW Art Cars réunies devant le BMW Welt de Munich en juillet 2026, vue aérienne
Vue aérienne de la collection complète devant le BMW Welt. © BMW AG

Une collection qui n’avait jamais été rassemblée

Le principe paraît simple : confier une voiture de course à un artiste et le laisser faire. Dans les faits, les vingt Art Cars n’ont jamais tenu dans la même pièce. Elles voyagent, elles sont prêtées, certaines sont fragiles au point de ne sortir qu’exceptionnellement. Réunir la collection relevait donc moins de la logistique que de la négociation interne.

L’exposition « BMW Art Cars, 20 artistes, 50 ans d’innovation » referme la tournée mondiale lancée en mars 2025, qui a traversé plus de trente pays sur cinq continents. Retour à la maison, littéralement : le BMW Welt se trouve à quelques centaines de mètres des ateliers Milbertshofen où la marque a commencé.

De Calder à Mehretu, cinquante ans d’écarts

Tout part de 1975 et d’une idée du pilote et commissaire-priseur français Hervé Poulain, qui voulait courir Le Mans dans une voiture signée par un artiste. Alexander Calder accepte. La BMW 3.0 CSL qui en résulte porte des aplats rouge, jaune et bleu appliqués à la main. Elle abandonne en course. Elle devient culte.

BMW 3.0 CSL Batmobile 1975 en livrée Jägermeister orange, coupé de course du Groupe 2
La BMW 3.0 CSL, ici en livrée Jägermeister de compétition, est le modèle qui a servi de base au premier Art Car d’Alexander Calder en 1975.

Suivent Frank Stella et son quadrillage millimétré sur une autre 3.0 CSL, Roy Lichtenstein et ses trames de bande dessinée sur une 320i, Andy Warhol qui peint sa M1 à la main en vingt-huit minutes chrono en 1979. Puis Jenny Holzer, David Hockney, Jeff Koons, Cao Fei, et Julie Mehretu en 2024 sur la M Hybrid V8 engagée au Mans.

La diversité des supports raconte au passage l’histoire sportive de la marque : coupés de Groupe 2 et Groupe 5, M1 Procar, M3 de DTM, V12 LMR vainqueur du Mans 1999, M6 GTLM, prototype Hypercar. Chaque Art Car est d’abord une voiture de course, pas une carrosserie décorative choisie au hasard.

La pièce que presque personne n’a vue

Le clou de l’exposition n’est pas la Warhol. C’est le « BMW H2R Project » d’Olafur Eliasson, réalisé en 2007 sur la base du prototype à hydrogène H2R. L’artiste a retiré la carrosserie, remplacé les panneaux par une structure réfléchissante et fait geler l’ensemble sous une pulvérisation d’eau. Résultat : une sculpture de glace qui exige une installation réfrigérée. Elle n’a été montrée en public que trois fois depuis sa création.

Voir les vingt voitures côte à côte permet aussi de mesurer un basculement. Les premières Art Cars étaient peintes à la main, avec des pinceaux et des pochoirs. Les dernières mobilisent la modélisation numérique, les films adhésifs de précision et, chez Cao Fei, la réalité augmentée. Le geste artistique n’a pas changé de nature, ses outils si.

Y aller : ce qu’il faut savoir

L’exposition est ouverte tous les jours de 9 h à 18 h jusqu’au 31 août 2026. L’entrée est gratuite. Les visites guidées de trente minutes coûtent 12 euros, et il vaut mieux réserver : le BMW Welt reçoit plusieurs millions de visiteurs par an, et une exposition inédite de ce calibre attire au-delà du public habituel.

BMW a également prévu un parcours numérique avec chasse au trésor via l’application Artlas, pensé pour les familles. Ceux qui viennent pour les voitures pourront enchaîner avec le BMW Museum voisin, où l’on croise notamment la 328 Bügelfalte sacrée à la Villa d’Este et une bonne partie du patrimoine d’avant-guerre.

Pourquoi cette expo tombe à pic

Le calendrier n’est pas neutre. BMW traverse un exercice compliqué, avec une marge automobile sous pression et un plan de départs volontaires acté fin juillet. Ressortir la collection Art Cars, gratuitement, à Munich, en plein été, c’est rappeler ce que la marque possède en propre et que personne ne peut copier : cinquante ans d’archives, de patrimoine sportif et de crédibilité culturelle.

C’est la même logique qui a poussé BMW à envoyer une flotte de voitures historiques à Goodwood cette année, ou à célébrer publiquement les 40 ans de la M3 sur la colline anglaise. Le patrimoine coûte cher à entretenir. Il rapporte autre chose que du chiffre d’affaires.

Une exposition comme celle-ci ne se reproduira pas de sitôt. Si Munich est à portée de train d’ici la fin août, c’est probablement la meilleure raison de l’année d’y aller.

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