DTM Sachsenring : Wittmann joue son titre sur la M4 GT3 EVO

Il reste quatre courses. Marco Wittmann compte vingt-cinq points de retard. Et la DTM débarque au Sachsenring, un circuit court, sinueux, où la BMW M4 GT3 EVO a des choses à prouver. Le week-end du 11 au 13 septembre pourrait décider de la saison de Schubert Motorsport.

Où en est le championnat

La situation s’est resserrée au Nürburgring à la mi-août. Maro Engel conserve provisoirement la tête avec 160 points, mais Thomas Preining le talonne à une longueur, avec 159 unités. Lucas Auer suit à 136 points. Wittmann est cinquième, à 135.

Vingt-cinq points, sur quatre courses, cela reste jouable. Un week-end parfait vaut cinquante points en DTM. Mais il faudra que trois pilotes devant se manquent au moins une fois, ce qui n’est jamais acquis à ce stade de la saison.

Le déclic du Nürburgring

Wittmann arrivait dans l’Eifel sans victoire depuis le début de l’année. Il en est reparti avec un podium le samedi, troisième derrière Cairoli et Preining, puis une victoire le dimanche après 39 tours mouvementés. La vingtième de sa carrière en DTM.

Seize points le samedi, le maximum le dimanche : la moisson l’a relancé d’un coup dans une course au titre dont il était sorti. Nous étions revenus en détail sur ce week-end dans notre compte rendu du Nürburgring.

BMW M4 GT3 EVO numéro 11 Schaeffler de Marco Wittmann en piste au Nürburgring lors de la DTM 2026
La M4 GT3 EVO #11 de Marco Wittmann, ici au Nürburgring en août. © BMW AG

L’autre M4 n’a pas eu de chance

Le week-end a été nettement moins souriant pour Kelvin van der Linde. Abandon le samedi sur un souci technique, puis accrochage au départ le dimanche, sans responsabilité de sa part. Deux courses pour rien, sur un tracé où il avait le rythme.

Le Sud-Africain, revenu chez Schubert Motorsport cette saison après un passage ailleurs, a désormais un rôle plus simple à jouer : marquer gros et, accessoirement, prendre des points à ceux qui devancent son coéquipier au classement.

Pourquoi le Sachsenring change la donne

Le Sachsenring n’est pas un circuit comme les autres en DTM. Court, étroit, avec un enchaînement de virages lents et un dénivelé prononcé, il pénalise les voitures qui misent tout sur la vitesse de pointe et récompense la traction en sortie de courbe. Les dépassements y sont rares, ce qui donne à la qualification un poids démesuré.

Pour la M4 GT3 EVO, c’est un exercice à double tranchant. La BMW s’est montrée redoutable sur les tracés rapides cette saison, moins constante là où il faut faire tourner la voiture sur un rayon court. La gestion des pneumatiques sur un asphalte souvent chaud en septembre fera le reste.

Ce que BMW joue vraiment ce week-end

Un titre pilotes reste l’objectif affiché, mais l’enjeu dépasse Wittmann. La M4 GT3 EVO est engagée partout dans le monde en clientèle, du GT World Challenge à l’IMSA en passant par les championnats nationaux. Une saison de DTM conclue dans le trio de tête n’a pas la même valeur commerciale qu’une cinquième place.

BMW M Motorsport arrive par ailleurs dans une période chargée, entre son programme Hypercar et le développement de la M3 électrique dont le concept a été dévoilé au Mans en juin, un sujet que nous avons décortiqué dans notre analyse du M Concept Neue Klasse. La DTM reste pourtant la vitrine la plus visible en Allemagne, celle que le public suit depuis quarante ans.

La M4 GT3 EVO, deux ans après ses débuts

L’évolution de la M4 GT3 est arrivée en 2025 avec un travail centré sur l’aérodynamique, le refroidissement et l’électronique embarquée, plus que sur la puissance du six-cylindres P58. En DTM, où le Balance of Performance rabote les écarts, ce sont précisément ces domaines qui font la différence sur une distance de course.

La voiture est aussi devenue un produit clientèle central pour BMW M Motorsport. On la retrouve en GT World Challenge, en IMSA, dans les championnats nationaux et sur la Nordschleife en NLS. Chaque résultat en DTM se lit donc dans deux colonnes : le championnat, et le carnet de commandes des équipes privées.

Un contexte allemand qui compte

La DTM reste le championnat le plus suivi d’Allemagne, et BMW n’a plus décroché le titre pilotes depuis un moment. Marco Wittmann, sacré en 2014 puis en 2016, en est le dernier représentant. Un troisième titre, dix ans après le deuxième, aurait une résonance particulière pour Schubert Motorsport comme pour la marque.

Il faut aussi replacer ce week-end dans une saison chargée pour BMW M Motorsport. Le programme Hypercar mobilise une partie des pilotes usine entre le WEC et l’IMSA, et la division prépare en parallèle son basculement électrique, sujet que nous avons traité dans notre analyse sur la M3 électrique face à la thermique. La DTM garde pourtant sa place : c’est là que le public allemand voit rouler des BMW tous les quinze jours.

Le programme

Deux courses ce week-end, deux autres lors de la finale. Wittmann sait faire les week-ends parfaits, il l’a montré au Nürburgring. Il sait aussi ce que vaut un championnat qui se joue à quatre pilotes : le double champion 2014 et 2016 n’en est pas à sa première fin de saison serrée.

Reste à savoir si la M4 GT3 EVO sera de la partie sur un tracé qui ne lui a jamais vraiment souri. Réponse en piste.

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