DTM Nürburgring : Wittmann relance BMW dans la course au titre

Il fallait un déclic. Marco Wittmann l’a trouvé au Nürburgring, le week-end du 14 au 16 août. Troisième le samedi, vainqueur le dimanche : le double champion DTM signe sa première victoire de la saison et la vingtième de sa carrière. BMW, qui traînait depuis Oschersleben, respire enfin.

Une vingtième victoire qui compte double

La BMW M4 GT3 EVO numéro 11 aux couleurs Schaeffler, engagée par Schubert Motorsport, a mené la course dominicale de bout en bout ou presque. Wittmann remonte cinquième au classement pilotes avec 135 points. L’écart avec le leader tombe à 25 unités, et il reste quatre courses.

Le calcul est simple : deux podiums bien placés et la donne change. C’est peu dire que le contexte avait viré au sombre pour BMW après la razzia des Porsche à Oschersleben, où la marque avait quitté la Basse-Saxe les mains vides.

Le week-end parfait de Michael Schrey

Dans la catégorie qui sert de tremplin à toute la filière, Michael Schrey n’a rien laissé. Deux poles, deux victoires en BMW M2 Cup au volant de la M2 Racing engagée par Bonk Motorsport. Moritz Groneck a terminé deuxième des deux manches.

Michael Schrey et sa BMW M2 Racing G87 vainqueurs en BMW M2 Cup au Nürburgring en août 2026
Michael Schrey et la BMW M2 Racing : quatre sur quatre au Nürburgring. © BMW AG

La M2 Racing, dérivée du coupé G87, a été conçue précisément pour cet usage : un monotype accessible qui alimente les grilles GT4 et les programmes clients. Le coupé de route continue d’ailleurs sa mue, avec l’arrivée de la transmission intégrale M xDrive.

GT4 et Nordschleife : la moisson continue

En ADAC GT4 Germany, ME Motorsport a décroché la deuxième place de la première course avec la BMW M4 GT4 EVO. FK Performance Motorsport a complété avec un podium en course 1 et une deuxième place en course 2. Century Motorsport a fait de même en British GT, avec la M4 GT3 EVO et la M4 GT4 EVO.

BMW M4 GT3 EVO numéro 77 rouge dans la voie des stands du Nürburgring avec Ugo de Wilde, Jens Klingmann et Tim Tramnitz
Ugo de Wilde, Jens Klingmann et Tim Tramnitz, deuxièmes au scratch sur la M4 GT3 EVO #77. © BMW AG

Sur la Nordschleife, en Nürburgring Langstrecken-Serie, l’équipage Ugo de Wilde, Jens Klingmann et Tim Tramnitz a fini deuxième au classement général avec la M4 GT3 EVO numéro 77. Trois pilotes d’usine BMW M, un podium scratch sur le tracé le plus exigeant du calendrier allemand.

Schubert, le bras armé de BMW en DTM

Depuis le retour du DTM à la réglementation GT3, BMW ne s’engage plus en direct. La marque s’appuie sur des équipes partenaires, et Schubert Motorsport tient le rôle principal avec deux M4 GT3 EVO sur la grille en 2026 : la numéro 11 de Wittmann et celle de Kelvin van der Linde, revenu chez le constructeur cette saison.

Ce montage a un avantage et un inconvénient. L’avantage, c’est le coût maîtrisé et la souplesse. L’inconvénient, c’est la dépendance à la performance d’une structure privée face à des concurrents parfois mieux dotés. Schubert a prouvé au Nürburgring qu’il savait exploiter la voiture quand les conditions s’alignent.

Wittmann, lui, reste une valeur sûre. Champion en 2014 et 2016, il a passé toute sa carrière DTM sous les couleurs BMW. Vingt victoires, c’est le genre de total qui ne s’improvise pas.

Ce que vaut la M4 GT3 EVO en 2026

L’évolution introduite l’an dernier portait surtout sur l’aérodynamique, le refroidissement et l’électronique de gestion. Les résultats de ce week-end confirment que la voiture est compétitive sur des tracés très différents : le circuit GP du Nürburgring, la Nordschleife, les manches britanniques.

Reste la question de la régularité, qui a coûté cher à BMW en début de saison DTM. Le rythme brut n’a jamais manqué. C’est la conversion en points qui a péché, et le Nürburgring apporte enfin la démonstration inverse.

Une pyramide client qui tourne à plein

Ce week-end au Nürburgring résume assez bien la méthode BMW M Motorsport. Une même architecture de coupé, déclinée sur quatre étages : la M2 Racing pour la monotype d’entrée, la M4 GT4 EVO pour le GT4, la M4 GT3 EVO pour le GT3 et le DTM, et le prototype M Hybrid V8 tout en haut.

Le client achète, court, et alimente au passage le vivier de pilotes. Schrey, Groneck, Tramnitz : tous passent par ces catégories avant d’espérer un volant d’usine. Le modèle économique n’a rien de romantique, mais il explique pourquoi BMW aligne autant de voitures sur autant de grilles simultanément.

Cette semaine-là, la marque comptait des engagements en DTM, en M2 Cup, en ADAC GT4 Germany, en British GT et en NLS. Cinq championnats, un seul week-end.

La suite du calendrier

Quatre courses DTM restent à disputer. Wittmann n’est pas favori, mais il n’est plus spectateur. En parallèle, le programme endurance reprend le 6 septembre à Austin, où Robin Frijns et René Rast défendront leur avance au championnat Hypercar avec la BMW M Hybrid V8, dans la lignée du podium manceau décroché en juin.

Une saison BMW M Motorsport ne se juge jamais sur un week-end. Mais celui-là ressemble beaucoup à un point de bascule.

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