BMW a une idée précise du M2 idéal : un coupé qu’on conduit la semaine et qu’on emmène sur circuit le week-end, sans rien changer. Le M Performance Track Kit pousse cette logique à son extrême. Comptez 23 500 euros, hors voiture, disponibilité dès juillet 2026.

Un kit pensé pour la piste, légal sur route
Le cœur du Track Kit, c’est son aéro. Un aileron col de cygne, le même principe que sur les M4 GT3 et GT4 clients, vient coiffer le coffre. En mode route, il reste à sa place et conforme à la réglementation allemande. Une fois la barrière du circuit franchie, le mode course fait coulisser l’aile de cinq centimètres vers l’arrière pour gagner en appui. Malin.
S’ajoutent un splitter avant en carbone réglable manuellement, des dérives d’ailes façon dive-planes, et surtout des amortisseurs filetés à hauteur réglable. C’est, selon BMW, le premier système de coilovers d’inspiration motorsport homologué pour la route proposé sur le modèle. La promesse n’est pas mince : pouvoir abaisser la voiture et durcir le train avant une session, puis tout remettre en configuration civile pour rentrer chez soi.
Le M2, déjà une base solide
Le Track Kit ne part pas d’une feuille blanche. Le M2 actuel, code G87, repose sur le six-cylindres en ligne S58 biturbo de 3,0 litres, partagé avec les M3 et M4. La version standard développe 480 ch, la déclinaison CS grimpe à 530 ch et passe de 0 à 100 km/h en 3,8 secondes pour une pointe à 302 km/h. Propulsion stricte, répartition des masses soignée, boîte manuelle encore au catalogue : le M2 coche les cases du jouet à l’ancienne dans un paysage qui s’électrifie à grande vitesse.
C’est justement ce qui rend le Track Kit pertinent. Sur une base aussi joueuse, le gain d’appui répond à un vrai besoin. Le M2 manque rarement de motricité en sortie de virage lent, mais aux vitesses élevées, un peu de charge aérodynamique change la confiance qu’on accorde à l’avant.

Ce que ça change vraiment
Sur un M2 déjà taillé pour la piste, ces pièces ne sont pas cosmétiques. L’appui supplémentaire et le châssis abaissable transforment le comportement aux vitesses élevées, là où la propulsion arrive en limite de motricité. Le M2 CS devient alors un outil de chrono plus qu’un jouet. Pour rappel, il avait déjà signé un 7:25.5 sur la Nordschleife, première compacte sous les 7:30, avec des gommes Michelin Pilot Sport Cup 2 R.
Les propriétaires de M2 CS peuvent y greffer un échappement performance optionnel, plus léger d’environ huit kilos et nettement plus sonore. BMW ne promet pas de gain de puissance, juste davantage de présence acoustique. À chacun de juger si le supplément vaut le décibel.
Combien ça coûte, vraiment
23 500 euros, c’est une somme. Mais à l’échelle d’un programme circuit, le calcul se discute. Un jeu d’amortisseurs de compétition, un aileron homologué et un travail aéro sur mesure chez un préparateur grimpent vite à des montants comparables, sans la garantie constructeur ni l’homologation route. Là où un kit artisanal vous prive de votre assurance et parfois de votre contrôle technique, le Track Kit reste un équipement officiel BMW M, monté et garanti par le réseau. Pour un client qui veut rouler vite sans bricoler, l’argument pèse.
Reste à ajouter ce tarif au prix de la voiture, lui-même déjà conséquent. Le M2 n’est plus le petit coupé accessible de ses débuts, et la facture totale, kit compris, flirte avec celle de sportives nettement plus puissantes. C’est le prix de la polyvalence : une seule auto pour la semaine et pour la piste.
Calendrier et disponibilité
Le Track Kit comme l’échappement sont attendus sur les marchés en juillet 2026. Aux États-Unis, la commande ouvre au troisième trimestre, avec une tarification précisée plus près de la mise en vente. Cette montée en gamme accompagne une vague de nouveautés M pour l’été. La technologie M Ignite à préchambre arrive sur tous les six-cylindres maison dès juillet, et le M2 gagnera plus tard une transmission intégrale M xDrive, une première pour le petit coupé.
Faut-il craquer ?
Tout dépend de l’usage. Pour un propriétaire qui enchaîne les journées circuit, le Track Kit transforme le M2 en arme affûtée sans sacrifier l’homologation route. Pour celui qui roule surtout sur autoroute, l’investissement reste un luxe d’esthète. On l’a senti dans notre essai du M2 CS : ce châssis demande qu’on aille le chercher. Le Track Kit, lui, met simplement la barre encore plus haut. Reste une question : combien de clients oseront vraiment exploiter le mode course ?
