Essai BMW M2 CS G87 : le six-cylindres qui refuse de se taire

Il existe un paradoxe bizarre autour de la BMW M2 CS G87. Sur le papier, on pourrait la décrire comme une M2 « de trop » – une berline compacte déjà musclée à laquelle on ajoute encore plus de puissance, moins de confort et un prix qui franchit allègrement les 100 000 euros. Et pourtant, au premier virage pris à bonne vitesse, le doute disparaît complètement. Cette voiture fait partie des rares machines qui rendent la logique inutile.

La M2 CS s’inscrit dans une tradition bien rodée chez BMW M : prendre la base la plus agile de la gamme, pousser l’ingénierie à son maximum raisonnable, et laisser le résultat parler. Le précédent – la M2 CS F87 (2019-2021) – avait marqué les esprits au point de valoir aujourd’hui deux fois son prix neuf sur le marché de l’occasion. Le G87 CS reprend le même ADN et le porte un cran plus loin.

Le moteur S58 sans compromis

La M2 CS G87 s’appuie sur le bloc S58, le 3,0 litres six cylindres en ligne biturbo que l’on retrouve sous le capot des M3 et M4 Competition. Dans sa configuration CS, il développe 530 ch, contre 460 ch sur la M2 standard. L’écart peut sembler abstrait – il ne l’est pas au premier rapport. La montée en régime est franche, sans trou, avec une linéarité qui contraste avec les turbos modernes qui ont tendance à tout lâcher d’un coup au milieu de la plage. Ici, la puissance arrive tôt et ne faiblit pas.

Le 0 à 100 km/h est annoncé en 3,8 secondes. La transmission est confiée à la seule boîte automatique M Steptronic à 8 rapports, calibrée pour des passages éclairs : BMW n’a pas reconduit de boîte manuelle sur cette CS. La sensation reste celle d’une prise directe avec les 530 chevaux qui attendent derrière la pédale.

BMW M2 CS G87 sur circuit, essai piste Bavaria Magazine
La M2 CS G87 sur circuit : là où ses qualités s’expriment pleinement. © BMW AG

Châssis : la propulsion sans filet

Pas de xDrive ici – et c’est cohérent avec le positionnement de la voiture, déjà détaillé dans notre dossier specs dès mai 2026. La M2 CS reste une propulsion pure – un choix qui polarise, mais qui constitue selon nous l’essentiel de son caractère. Le différentiel actif M arrière gère la puissance avec finesse, mais il ne cache pas la physique : appuyez trop fort trop tôt en sortie d’épingle, l’arrière cherche sa trajectoire. La M2 CS communique, elle prévient, elle exige. C’est précisément ce qu’on lui demande.

Les trains roulants ont été revus par rapport à la M2 de série : ressorts plus rigides, amortisseurs spécifiques, géométrie track-ready. En mode Sport+, la fermeté est marquée – pas inconfortable sur route, mais clairement orientée circuit. Les freins carbone-céramique optionnels (Brembo, étriers 6 pistons à l’avant) transforment l’expérience sur piste, avec une progressivité et une résistance au fading impressionnantes pour un usage prolongé en haute température.

Le comportement routier garde une vraie cohérence. BMW n’a pas sacrifié l’usabilité au quotidien pour quelques dixièmes sur le Nordschleife. La voiture reste gérable, presque docile en mode Comfort, avec une direction dont le niveau de remontée d’information reste une référence dans le segment. Cette qualité, on la retrouve aussi dans notre dossier sur la technologie BMW M Ignite – la maîtrise du six-cylindres en ligne est le fil conducteur de tout le département M.

Intérieur et poids : la CS fait le ménage

La CS G87 s’allège par rapport au M2 standard. Toit en carbone, sièges baquets M Carbon (carbone + Alcantara), pare-brise avant allégé, suppression d’une partie des équipements de confort. Résultat : un poids en ordre de marche d’environ 1 775 kg. Ce n’est pas une voiture de course homologuée pour la route – c’est une sportive qui ne sacrifie pas tout pour s’alléger, mais qui refuse le superflu.

L’habitacle reste sobre, avec les écrans M spécifiques affichant les données de piste (angle de braquage, pression latérale, températures des freins). Le volant M, à méplat en bas, est d’un diamètre légèrement réduit. Les commandes sont directes, disposées logiquement. Rien à redire sur l’ergonomie pour le conducteur – les passagers, eux, profiteront moins du voyage.

La M2 CS dans l’offre BMW M actuelle

Elle se positionne entre le M2 standard et la M4 CS – deux voitures très différentes dans leur proposition. Là où la M4 CS propose plus de puissance, plus de technologie et une version Touring, la M2 CS assume son format compact et sa propulsion exclusive. Elle est plus joueuse, plus communicante, moins confort – et c’est voulu.

La question que tout le monde pose : vaut-il mieux attendre la M2 M xDrive 2027 ? Notre article sur la BMW M2 M xDrive annoncée pour 2027 dresse les grandes lignes de ce nouveau modèle – un animal différent, plus polyvalent, moins radical. Les deux co-existeront sans se concurrencer vraiment, parce qu’elles ne parlent pas aux mêmes acheteurs.

Côté tarif, la M2 CS G87 s’affiche à partir de 109 900 €. Un budget qui se justifie sur la durée : les M2 CS gardent leur valeur, et la précédente génération en est la preuve éclatante. Pour mémoire, BMW M a signé 8 victoires de classe au Nürburgring 2026 – l’ADN performance est plus que jamais d’actualité.

Notre verdict

La M2 CS G87 n’est pas une voiture raisonnable. Elle ne prétend pas l’être. Ce qu’elle offre – communication permanente, moteur d’exception, comportement joueur en propulsion – reste rare dans un marché qui standardise tout. Si vous cherchez une GT confortable, regardez ailleurs. Si vous voulez la dernière grande sportive à moteur thermique pur avant que BMW ne bascule définitivement vers l’électrification des performances, c’est maintenant.

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