BMW X7 G67 : le futur grand SUV piégé au Nürburgring

Quatre sorties d’échappement, une carrosserie couverte de camouflage et un vacarme reconnaissable entre mille sur la Nordschleife. Le 22 août, un prototype du futur BMW X7 a été filmé au Nürburgring. Ce n’était pas une version d’essai anodine : tout indique une déclinaison M Performance, avec le plus gros moteur thermique encore disponible chez BMW.

Le V8 4.4 biturbo tient bon

Les quatre canules ne trompent pas. Sur la nomenclature BMW actuelle, elles signalent un modèle M Performance, pas un simple xDrive40i. Le X7 M60 xDrive de deuxième génération conserverait donc le V8 4.4 litres biturbo, avec l’électrification 48 volts désormais systématique sur ce bloc.

En revanche, aucun X7 M complet n’est prévu. BMW réserve ce traitement au X5 M et au X6 M, et le grand SUV trois rangées reste positionné sur le confort et la représentation plutôt que sur le chrono. Ce qui n’empêche pas les ingénieurs d’aller chercher la validation châssis là où elle fait le plus mal.

BMW X7 M60i G07 blanche de trois quarts avant, génération actuelle du grand SUV BMW à trois rangées
Le X7 M60i G07 actuel, que le G67 remplacera : cette photo montre bien la génération sortante, pas le prototype camouflé. Photo : Alexander Migl / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Plus long, plus habitable

Le profil du prototype laisse deviner une prise de cotes. Les vitres de custode sont plus généreuses, signe classique d’un empattement allongé et d’un gain de place à la troisième rangée. Le X7 actuel n’est pas étroit, mais l’accès aux places arrière reste son point faible face à un Mercedes GLS.

Autre détail repéré : les petits ailerons de ceinture de caisse, déjà vus sur le X5 de nouvelle génération. La grammaire stylistique se met en place, avec une continuité assumée entre les deux grands SUV de la marque.

Un segment où BMW n’a pas le droit à l’erreur

Le X7 est un modèle stratégique, quoi qu’on pense de sa calandre. Il occupe le sommet de la gamme SUV, il porte les marges les plus confortables et il domine des marchés où BMW ne peut pas se permettre de reculer, à commencer par l’Amérique du Nord et le Moyen-Orient. Ses rivaux directs restent le Mercedes GLS, l’Audi Q7 dans sa version la plus cossue et, plus haut, le Range Rover.

Le G07 lancé en 2018 puis restylé en 2022 a bien vieilli sur le plan commercial, moins sur le plan technologique. L’habitacle repose sur une génération d’électronique antérieure à l’iDrive le plus récent, et l’écart se voit face aux dernières arrivées. Le G67 devra combler ce retard d’un coup.

Un calendrier qui se précise

Oliver Zipse, alors patron du groupe, avait annoncé le renouvellement du X7 pour l’année suivante. La lecture la plus raisonnable pointe vers une présentation en 2027, avec une commercialisation dans la foulée. Le G67 a déjà été aperçu aux États-Unis début août, aux côtés d’une Série 3 camouflée.

La question du groupe motopropulseur reste ouverte au-delà du V8. Des prototypes 100 % électriques du X7 circulent depuis février, ce qui laisse entrevoir une double offre thermique et électrique sur la même carrosserie, à la manière de ce que BMW déploie sur le X5. Le diesel n’est pas hors-jeu non plus : nous expliquions dans notre dossier sur la longévité du six cylindres B57 pourquoi les gros SUV resteront ses derniers refuges.

Où en est le reste de la gamme X

Le renouvellement des SUV BMW avance en ordre dispersé. Le X5 G65 est lancé, le X7 arrive, mais le X3 G45 attendra plus longtemps que prévu pour son restylage, comme nous le détaillions dans notre article sur le calendrier du X3. Le rythme dépend moins des envies produit que de la bascule vers la Neue Klasse.

Le X5 de nouvelle génération sert d’ailleurs déjà de terrain de jeu aux exercices de style, à l’image de la pièce unique signée Kith présentée à Monterey.

Pourquoi tester un SUV de deux tonnes et demie sur la Nordschleife

La question revient à chaque prototype aperçu au Nürburgring. Un grand SUV familial n’a rien à prouver sur la Nordschleife, et personne ne le conduira jamais comme ça. Sauf que la boucle nord condense en vingt kilomètres à peu près tous les cas de charge qu’un châssis rencontrera dans sa vie.

Compressions violentes, bosses en appui, changements d’appui rapides à haute vitesse, montées en température des freins et de l’amortissement : c’est un banc d’essai grandeur nature. Sur une voiture lourde, avec trois rangées et une suspension pneumatique, ces sollicitations révèlent immédiatement les faiblesses de tenue de caisse et de dissipation thermique.

Le camouflage laisse en revanche filtrer peu de chose sur l’avant. La question de la calandre, sujet sensible depuis le lancement du G07 restylé, reste entière. Les feux ont l’air fins et horizontaux, mais la mule porte encore des optiques provisoires.

Ce qu’il reste à confirmer

Rien n’est officiel. Ni le nom G67, ni la puissance, ni la date. Les seuls éléments tangibles sont un prototype, un son de V8 et une silhouette plus longue. C’est peu, mais c’est déjà plus que ce dont dispose la concurrence pour préparer sa riposte.

Reste une interrogation de fond : combien de temps BMW pourra-t-il encore vendre un V8 thermique de 4,4 litres dans un grand SUV de sept places en Europe ? La réponse se jouera moins sur la Nordschleife que dans les couloirs de Bruxelles.

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