BMW X7 M60i : essai du SUV amiral avant sa mue électrique

Le X7 restylé, c’est déjà presque une antiquité dans la logique BMW. Pas dans les faits : le G07 reste immense, imposant, presque agressif avec sa calandre verticale. Mais dans les intentions de Munich, oui. Le SUV amiral aborde sa dernière ligne droite thermique avant que la plateforme Neue Klasse ne rebatte les cartes. On a repris le volant du M60i, la version la plus musclée du catalogue actuel, pour comprendre ce qu’il reste à défendre.

Une présence qui ne passe pas inaperçue

Cinq mètres et dix-huit centimètres. La calandre BMW verticale, éclairée, encadrée de phares fins qui strient le regard. Le X7 M60i ne cherche pas la discrétion, il l’a abandonnée depuis longtemps. Sur la jante 22 pouces de série, les ailes élargies et le becquet arrière signent une allure qui doit autant au SUV familial qu’à la routière de luxe. Certains trouveront ça too much. D’autres, l’essentiel de la clientèle visée, y verront exactement ce qu’ils sont venus chercher.

BMW X7 M60i G07 blanche vue 3/4 avant, calandre verticale éclairée et jantes M Sport
BMW X7 M60i G07, le SUV amiral dans sa dernière génération thermique. Photo : Alexander Migl / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Trois rangées, zéro compromis

Sept places en configuration standard, six en version captain’s seats. La troisième rangée, souvent sacrifiée chez la concurrence, accueille ici de vrais adultes sur des trajets de plus d’une heure. Coffre généreux même rangées relevées, portes qui s’ouvrent et se referment électriquement au moindre effleurement, écran incurvé BMW Curved Display qui regroupe instrumentation et infodivertissement. Le luxe, chez BMW, passe encore par l’accumulation de détails plutôt que par l’épure. On aime ou on s’en amuse. Pour ceux qui hésitent entre un X6 G66 plus sportif et un X7 plus familial, la réponse tient en un mot : la vocation. Le X6 séduit, le X7 transporte.

Le V8 M60i, dernier chant avant l’électrique

4,4 litres, deux turbos, 530 chevaux et 750 Nm. Le bloc S68 propulse les 2,5 tonnes du mastodonte de 0 à 100 km/h en 4,7 secondes, chiffre presque absurde pour un véhicule de ce gabarit. Et pourtant. Passé l’effet de surprise, ce qui frappe c’est la linéarité. Pas de brutalité artificielle, pas de coup de collier électrique façon sportive pure : juste une poussée continue, sourde, qui écrase le paysage sans jamais donner l’impression de forcer. Le châssis, lui, joue sur l’amortissement piloté et la suspension pneumatique pour maintenir une caisse étonnamment stable en appui. On sent le poids. On ne le subit pas.

BMW a confirmé le badge M60 pour la future génération électrifiée du X5, cousin proche du X7 sous bien des aspects mécaniques. Ce qui laisse penser que le passage au tout-électrique touchera tôt ou tard l’ensemble de la gamme X. Le M60i thermique du X7 pourrait donc bien rester dans les mémoires comme le dernier de son espèce.

Sur route, le grand écart réussi

Autoroute, départementale, quelques ronds-points serrés en ville : le X7 M60i encaisse tout sans jamais paraître pris en défaut. La direction, calibrée pour rassurer plutôt que pour amuser, laisse deviner le gabarit sans jamais le rendre pénible. Sur autoroute, l’insonorisation impressionne, on discute à voix normale à 130 km/h. En ville, les caméras à 360 degrés et l’assistant de stationnement rattrapent ce que la carrosserie a de généreux. Seul bémol : la consommation, qui oscille entre 13 et 16 l/100 km selon le style de conduite, rappelle que ce V8 n’a rien d’un modèle de sobriété.

Ce qui manque encore, ce qui ne manquera pas longtemps

Pas d’écran passager dédié sur notre version d’essai, contrairement à certains concurrents récents. Pas non plus de fonctions de conduite autonome de niveau 3, réservées à d’autres marchés. BMW joue la carte de la sobriété technologique relative sur cette génération, en attendant visiblement de tout réserver à la prochaine plateforme. Le X7 2027 amorce d’ailleurs sa dernière année avant la relève, confirmée par plusieurs indices de la marque. La transition semble déjà actée en interne, même si rien n’a filtré sur le calendrier précis d’une version électrique.

Reste que sur la route, ces manques théoriques passent complètement inaperçus. Le confort prime, la puissance rassure, l’habitacle en jette. Trois qualités qui suffisent largement à justifier le prix pour l’acheteur type de ce genre de SUV.

Combien ça coûte, et pour combien de temps encore

Comptez un tarif de départ avoisinant les 138 000 euros en France pour la version M60i, options rapidement grimpantes une fois la liste BMW Individual ouverte. Cher, assurément. Mais sur ce segment, face à des rivaux tout aussi onéreux, le X7 conserve un argument que peu égalent : cette capacité à rester agréable à conduire malgré la masse. Combien de temps le V8 biturbo survivra-t-il dans la gamme, alors que Munich prépare son offensive Neue Klasse sur l’ensemble du segment X ? Deux ou trois ans, sans doute pas plus. Autant en profiter maintenant, pendant qu’il chante encore.

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