BMW va réduire sa gamme. Le constructeur l’a écrit noir sur blanc lors de son Capital Market Day du 30 septembre : le nombre de variantes sera revu à la baisse sur l’ensemble du portefeuille, et la Série 2 Active Tourer n’aura pas de successeur. Pour le reste, Munich ne donne aucune liste. Entre les annonces officielles, la conversion de l’usine de Munich au tout-électrique et les pistes avancées par la presse spécialisée cette semaine, on peut déjà dessiner la carte des modèles menacés.
Ce que BMW a officiellement annoncé
Le communiqué du groupe fixe le cadre. La gamme sera alignée « de manière encore plus systématique » sur les préférences de chaque région, avec une concentration sur les modèles qui apportent les marges les plus élevées sur le long terme. Une phrase résume la méthode : le nombre de variantes sera examiné et réduit pour optimiser la rentabilité, et il n’y aura « pas de successeur à des modèles comme la BMW Série 2 Active Tourer ».
L’objectif financier est chiffré. BMW vise un retour dans sa fourchette historique de 8 à 10 % de marge EBIT dans l’automobile d’ici le début de la prochaine décennie, avec une étape intermédiaire de 3 à 5 % en 2028 et un flux de trésorerie disponible d’au moins sept milliards d’euros. Les structures de management doivent être allégées de 20 %. Beaucoup d’autres sujets sont encore à l’étude, avec des décisions attendues d’ici le printemps 2027.
Tout n’est pas soustraction. BMW lancera l’an prochain le premier modèle de la marque BMW ALPINA, inspiré de la Série 7. Le groupe étudie aussi une offre placée au-dessus du X7, taillée pour le marché américain, et confirme pour 2028 un nouveau modèle électrique compact Neue Klasse destiné en priorité à l’Europe. En Chine, au moins 95 % des voitures vendues devront être produites localement et adaptées à la clientèle chinoise d’ici 2030, les importations étant limitées aux modèles les plus rentables.
Série 2 Active Tourer : la seule condamnation confirmée
Le monospace compact est donc le premier nommé. Selon BMWBLOG (4 octobre), la première génération, arrivée en 2014, avait été la première BMW à traction avant, rupture majeure avec la tradition maison. La génération actuelle a suivi en 2021. Toujours d’après le site, des sources internes évoquent un arrêt en 2029, une date que BMW n’a pas confirmée. Le modèle ne disparaîtra donc pas du jour au lendemain : comme pour les autres, la fin interviendra au terme du cycle de vie de la génération en cours.
Série 4 Gran Coupé et i4 : l’usine de Munich change la donne
Pour les autres modèles, il faut parler d’hypothèses. BMWBLOG place la Série 4 Gran Coupé et l’i4 parmi les candidats les plus exposés, et l’explication tient à une usine. Les deux sont assemblés à Munich, qui ne produira plus que des voitures électriques à partir de 2027, selon BMW. Le groupe y investit environ 650 millions d’euros, et le site accueille déjà l’i3 électrique, en attendant la future M3 100 % électrique.
Une Série 4 Gran Coupé thermique n’aurait alors plus sa place à Munich. BMW pourrait en théorie transférer sa production à Dingolfing, où sont construits le Coupé et le Cabriolet, mais BMWBLOG juge l’effort peu probable pour un modèle au positionnement déjà délicat. Les Série 4 Coupé et Cabriolet devraient, eux, tenir jusqu’en 2029 selon le site.

Le cas de l’i4 est presque tranché. Des responsables du groupe ont déjà présenté l’i3 Neue Klasse comme son remplaçant de fait, et la G26, en versions thermique comme électrique, devrait s’effacer au début de l’année prochaine d’après BMWBLOG. Nous avions détaillé ce passage de témoin dans notre article sur l’i4 Gran Coupé remplacée par l’i3 berline. Pour mesurer ce que propose la relève, notre fiche officielle de la Série 3 G50 détaille les moteurs de la nouvelle génération.
iX et XM : deux SUV sur la sellette
L’iX, lancé en 2021, se retrouve coincé entre deux SUV électriques plus modernes. L’iX5, version électrique du nouveau X5, est déjà arrivé (voir notre article sur la vidéo britannique de l’iX5), et un iX7 est attendu en 2027, selon BMWBLOG. Le site rappelle que BMW a cessé les allocations d’iX pour les États-Unis.
Le XM est un cas à part. Son problème n’est pas l’arrivée d’un remplaçant, mais un dossier économique jugé fragile au vu de ses ventes. Selon les sources de BMWBLOG, BMW n’aurait pas totalement écarté une deuxième génération et réfléchirait à corriger les points faibles du premier modèle, du design au confort. Rien d’officiel dans un sens comme dans l’autre.
Certaines disparitions sont déjà actées. Le X4 a quitté la production fin 2025, et la Z4 comme la Série 8 se sont arrêtées plus tôt cette année, rappelle BMWBLOG. Pour les amateurs du roadster, il reste des alternatives artisanales comme le Bovensiepen Spider basé sur la Z4.
Des pièces standardisées pour rester compétitif
La réduction de la gamme n’est qu’un volet du plan. Dans son communiqué, BMW annonce un recours plus large à des solutions « Industry Best Offer », pour concentrer ses moyens sur ce qui distingue vraiment ses marques. BMWBLOG (6 octobre) précise l’ambition : les composants standardisés, développés par les fournisseurs selon des normes industrielles et vendus à plusieurs constructeurs, doivent devenir la plus grande part d’un budget d’achats d’environ 80 milliards d’euros par an d’ici 2032, tandis que le recours aux pièces spécifiques serait divisé par deux.
« Il existe sur le marché des standards industriels convaincants, et ce serait une erreur de ne pas les utiliser », aurait déclaré Milan Nedeljković, nouveau président du directoire, selon le site. BMW assure que ce choix ne pénalisera ni la qualité, ni les performances, ni l’identité de la marque. L’objectif affiché est de réduire l’écart de coûts avec les constructeurs chinois. Le groupe dit attendre ses prochaines décisions d’ici le printemps 2027 : c’est à cette échéance que la liste des modèles concernés pourrait se préciser.
