BMW M5 E39 et Z8 : un même V8 S62, deux légendes opposées

Elles ont le même cœur et presque rien d’autre en commun. La BMW M5 E39 et la Z8 partagent le V8 atmosphérique S62, développé pour la berline avant d’être greffé sous le long capot du roadster. Le 22 octobre 2026, BMWBlog les a comparées chiffre par chiffre. L’occasion de revenir sur deux façons opposées d’exploiter le même moteur, à partir des données de BMW Group Classic.

BMW M5 E39 bleue vue de trois quarts arrière en studio, berline V8 S62 de 400 ch produite à Dingolfing (BMW PressClub)
La BMW M5 E39 en photo officielle de lancement. © BMW AG

Le V8 S62, dénominateur commun

Le moteur porte le code S62B50 chez BMW Group Classic, qui précise qu’il était identique sur tous les marchés pour la M5. Ses valeurs, communes aux deux voitures selon BMWBlog :

  • Architecture : V8 atmosphérique de 4,9 litres ;
  • Puissance : 400 ch (394 hp) à 6 600 tr/min ;
  • Couple : 500 Nm à 3 800 tr/min ;
  • Transmission : boîte manuelle à six rapports, propulsion.

Même puissance, même boîte, mêmes roues motrices. Tout le reste diverge, à commencer par la mission confiée à chacune.

M5 E39 : la berline à tout faire

Selon BMW Group Classic, la production en série de la M5 E39 a démarré à Dingolfing en octobre 1998 et s’est achevée en 2003. Contrairement à la M5 E34 qui l’a précédée, elle était assemblée sur la même ligne que les Série 5 E39 de série. Ce choix a permis des volumes nettement plus élevés, au prix d’une certaine standardisation. Un restylage est intervenu en juin 2000.

Les chiffres de production donnent la mesure de ce succès :

  • 20 482 exemplaires au total ;
  • dont 9 992 pour le marché américain ;
  • et 7 895 en conduite à droite.

Côté fiche technique, BMWBlog relève un poids de 1 750 kg, un 0 à 60 mph (96 km/h) annoncé par BMW en 4,8 secondes, une longueur de 188,3 pouces (environ 4,78 m) et un empattement de 111,4 pouces (environ 2,83 m). Quatre portes, cinq places, une vraie banquette arrière, un différentiel à glissement limité et un châssis réglé par BMW M : la M5 E39 se vivait au quotidien.

Z8 : le roadster d’exception

La Z8 joue une tout autre partition. Dessinée par Henrik Fisker sous la direction de Chris Bangle, elle découle du concept Z07 présenté au salon de Tokyo en 1997. La version de série a été dévoilée à l’IAA de Francfort en 1999, l’année où Pierce Brosnan la conduisait dans le film de James Bond Le monde ne suffit pas. Assemblée à la main dans une installation dédiée de l’usine de Munich, elle a été produite à 5 703 exemplaires jusqu’à l’été 2003, d’après BMWBlog.

BMW Z8 E52 argent vue de trois quarts avant, capote ouverte et intérieur rouge, roadster V8 S62 (BMW PressClub)
La BMW Z8, roadster à moteur V8 S62 assemblé à la main à Munich. © BMW AG

Sa construction diffère radicalement de celle de la M5 : carrosserie et châssis en aluminium, répartition des masses de 50,8 % à l’avant et 49,2 % à l’arrière. Elle pèse 1 585 kg, soit 165 kg de moins que la berline, et BMW annonçait le 0 à 60 mph en 4,5 secondes. Les dimensions sont plus compactes : 173,2 pouces de long (environ 4,40 m) pour 98,6 pouces d’empattement (environ 2,50 m). Deux places seulement et un coffre de 5,1 pieds cubes, soit environ 144 litres.

Le match des chiffres

Sur le papier, la Z8 l’emporte sur plusieurs points. Son rapport poids/puissance est plus favorable (0,1127 hp par livre contre 0,1020 pour la M5) et elle gagne trois dixièmes sur l’accélération annoncée. BMWBlog la juge aussi plus belle, avec des détails qui n’appartiennent qu’à elle, comme ses feux arrière à néon.

BMW Z8 E52 argent vue de trois quarts arrière avec ses feux arrière à néon, roadster de 400 ch (BMW PressClub)
La poupe de la BMW Z8 et ses feux à néon. © BMW AG

Le verdict final du magazine penche pourtant vers la M5 E39. Elle a été produite en bien plus grand nombre, partage de nombreuses pièces avec la Série 5 et reste bien plus pratique pour un usage quotidien. Autant d’arguments qui pèsent lourd pour un collectionneur qui compte rouler.

Le choix dépend donc de l’usage. La berline emmène cinq personnes et leurs bagages avec le même V8 sous le capot, et ses pièces se trouvent plus facilement grâce à sa parenté avec la Série 5. Le roadster offre l’expérience la plus rare, avec ses deux places, son châssis aluminium et sa production limitée à quelques milliers d’unités.

Deux trajectoires sur le marché

Sur le marché de la collection, les deux voitures ne jouent plus dans la même catégorie. BMWBlog note que les cotes de la Z8 dépassent désormais largement celles des plus belles M5 E39, et prévient que les réparations de carrosserie sur le roadster en aluminium peuvent coûter cher. Pour les amateurs de raretés, il existe aussi une variante encore plus confidentielle : l’ALPINA Roadster V8, produit à 555 exemplaires.

La M5 E39 s’inscrit dans une lignée que nous suivons de près, de la M5 E60 et son V10 jusqu’à la M5 CS F90 produite à 1 132 exemplaires. Pour la place de la M5 dans l’histoire de la division, notre décompte du million de BMW M remet les volumes en perspective. Deux voitures, un seul moteur : 20 482 berlines d’un côté, 5 703 roadsters de l’autre.

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